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mardi 24 mars 2020

Kristen en couverture du magazine espagnol Yo Dona [Semaine du 28 février 2020]

Kristen sur papier glacé is back ! En effet, elle fait la couverture du magazine espagnol Yo Dona,  avec des dessins réalisés par Inès Maestre, pour son édition du 28 février. Dans son interview, elle parle de Seberg de Benedict Andrews et Charlie's Angels d'Elizabeth Banks, du mouvement #MeToo,  des étiquettes, de sa carrière et de son futur en tant que réalisatrice avec l'adaptation de The Chronology Of Water de Lidia Yuknavitch pour son premier long métrage.

Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs

Kristen Stewart – 'Je me fous de ce que les autres pensent de moi'

'Nous vivons une révolution sexuelle. Maintenant, il est beaucoup plus facile d'en parler qu'il y a quelques années, ce n'est plus blanc ou noir'.

Nommée Actrice de la Décennie par la Hollywood Critics Association, la protagoniste de la Saga Twilight s'apprête à franchir la prochaine étape : se mettre derrière la caméra avec une histoire sur une femme incomprise. Comment va t-elle faire ? 'Avec force et dévouement', dit-elle.

Le soin que Kristen Stewart met à choisir ses mots ('Vous ne pouvez pas imaginer la joie que je ressens lorsque je trouve le bon terme', dit-elle) fait d'elle la créature la plus multi tâche des médias ; une actrice (bientôt également réalisatrice) de philologue en herbe. Nous espérons que notre traduction sera à la hauteur de son talent. Par exemple, en entendant des mots comme maladroit ou bizarre, elle retrousse son joli minois. Parmi les étiquettes qui sont généralement attribuées aux personnes qui, sans préméditation, sont sous les projecteurs en tant que membres de la vie publique, celle qui a été la plus attachée à Stewart est 'maladroit' ['awkward']. Lorsque le premier film de la Saga Twilight est sorti, elle avait 18 ans. Elle connaissait le monde de l'industrie cinématographique, ses parents en faisaient partie. À 10 ans, elle tourne son premier film et à 11 ans, elle participe au non moins Panic Room avec Jodie Foster. Cependant, personne, pas même les personnes ayant plus d'expérience qu'elle, n'est préparé au tsunami que la tétralogie basée les best sellers de Stephenie Meyer a déclenché.

Elle inspire la tendresse [lorsqu'on se] souvient de son image à côté de Robert Pattinson, son petit ami à l'époque, lors d'une conférence de presse, arborant le même visage que si elle venait de sortir du service neurochirurgie de l'hôpital. L'antidote que les deux acteurs ont trouvé était de se distancier du cinéma plus conventionnel et commercial, dont les budgets mettraient un terme au sous développement de plusieurs pays. Le [journal] britannique The Guardian a titré : 'Est-elle trop bonne pour les blockbusters à gros budget ?'.

Une fois la foule dispersée, les satisfactions arrivent. Après avoir embrassé la cause de Seberg, un biopic à propos de l'icône de l'actrice américaine de la Nouvelle Vague et protagoniste inoubliable de A Bout De Souffle et du tournage d'Underwater, un film d'action apocalyptique (déjà sorti en Espagne) et également un reboot de Charlie's Angels, Kristen réalisera son premier long métrage, The Chronology Of Water, basé sur les mémoires de l'ancienne nageuse Lidia Yuknavitch qui a grandi avec un père violent et une mère alcoolique, et parle en toute liberté de sexe, d'abus et de genre. 'Le genre de livre que les gens ne lisent pas simplement, mais se convertissent aussi', a déclaré la critique du Huffington Post. Et, pour qu'il n'y ait aucun doute sur le rejet de Stewart envers les préjugés, rappelons-nous que Seberg a payé cher son amour pour le militant des droits civiques Hakim Jamal et la cause des Black Panthers et a fini par être une cible pour le FBI. Pendant ce temps, Lidia Yuknavitch a noyé son avenir en tnant que nageuse olympique dans une mer de drogues et d'alcool.

Journaliste : Avez-vous le sentiment d'être identifée aux exemples tragiques de personnes qui ne parviennent pas à surmonter la pression des étiquettes ?
Kristen Stewart : Je n'ai jamais eu le sentiment d'être étiquetée. Elles m'ont jeté en première ligne quand j'étais très jeune, ma relation avec ce monde était plus naïve que maintenant. Mais je n'ai jamais été de ceux qui disent, 'C'est la faute des gens, personne ne me comprend'. En fait, l'opinion que les autres ont de moi n'a pas à être fausse. Après tout, ces opinions sont le résultat d'informations que, consciemment ou inconsciemment, je leur ai transmises. Jean Seberg a compris très vite qu'une grande partie de ce qui s'est passé dans sa vie était hors de contrôle, il y avait des structures établies auxquelles elle devait s'adapter. Je ressens la même chose. Quant aux étiquettes, elles sont pour moi un sujet intéressant surtout lorsque je pense à la révolution sexuelle que nous vivons actuellement. Aujourd'hui, il est beaucoup plus facile d'en parler qu'il y a quelques années, maintenant les choses ne sont plus seulement blanches ou noires.

Journaliste : C'est le cas. Est-ce grâce à l'autonomisation des femmes, à #MeToo ?
Kristen Stewart : Je suis fière d'en faire partie. Franchement, je ne comprends comment cela ne s'est pas produit auparavant.

Journaliste : Votre décision de diriger The Chronologuy Of Water a t-elle quelque chose à voir avec une plus grande liberté lorsqu'il s'agit de parler de sexualité et de genre ?
Kristen Stewart : Cent pour cent. Le film parle d'une femme dont la vix est enfermée dans un corps victime de maltraitance. Jusqu'à ce qu'elle décide de revivre la douleur pour regarder à l'intérieur. Et elle trouve une voix puissante, d'abord sur papier puis dans le monde, sans aucune honte. Il y a très peu de romans d'entraide sur les femmes qui ne veulent pas accepter le mécanisme établi et proposé encore et encore par la société et la tradition. L'histoire de Lidia Yuknavitch est sale et primitive. Losque je l'ai lu, j'ai eu la même impression que j'ai ressenti en lisant Ham On Rye de Charles Bukowski.

Journaliste : Bukowski avec un point de vue féminin ? C'est presque effrayant.
Kristen Stewart : Oui, doublement honteux. Pour la violence et pour en avoir honte. Le sentiment qu'ils ne nous comprennent pas et ne nous acceptent pas tels que nous sommes.

Journaliste : Un projet passionnant. Comment comptez-vous y répondre ?
Kristen Stewart : Avec forece et délicatesse.

Journaliste : De quelle manière commencez-vous cette nouvelle phase de votre vie et de votre carrière ? Dans Underwater, vous arborez une tête rasée, comme une version sous marine d'Alien, et dans le reboot de Charlie's Angels, vous vous battez avec vos mains et vous faites une incursion dans la comédie.
Kristen Stewart : Dans le nouveau Charlie's Angels, nous allons au-delà du cliché de trois femmes aux capacités exceptionneles qui travaillent pour un mystérieux philanthrope. Ça en lui-même est déjà une belle histoire, mais dans ce film, il y a autre chose, quelque chose de typique de notre temps. Le monde est plein de femmes aux capacités exceptionnelles, maintenant nous en sommes conscientes. Sans parler de super héroïnes. Ce que j'ame le plus, c'est ce que ce n'est pas un film d'action dans lequel elles font la même chose que les hommes. Ce n'est pas 'nous pouvons le faire aussi', mais 'regardez quels résultats la force féminine obtient'.

Journaliste : Y a t-il des moments de votre vie en dehors du cinéma où vous avez le sentiment que vous utilisez votre force ?
Kristen Stewart : Lorsque je vote. Nous sommes tous nés et nous grandissons dans une famille, une classe sociale, un groupe d'amis et nous les considérons généralement comme des proches qui dureront pour toujours, mais ce n'est pas comme ça. Dans ces questions, nous pouvons également exercer notre de droit de décider, nous pouvons nous entourer de petits ou de grands mondes qui nous définissent, qui amplifient notre force. Chercher de la force chez les autres et comprendre que la leur multiplie la vôtre : cela a été une grande découverte pour moi. Lorsque vous avez le sentiment (elle saute sur la chaise avec enthousiasme [en disant], 'Nous l'avons fait, nous sommes alignés et quelqu'un répond, 'Oui'').

Journaliste : Cependant, il semble qu'à ce stade de l'histoire de nouveaux courants de machisme atroces apparaissent.
Kristen Stewart : Oui, il exist une typologie masculine qui ne s'éteindra pas naturellement. La vérité est que certaines personnes qui me sont très chères sont des vieux mecs blancs. Nous ne pouvons généraliser.

Journaliste : Puis-je avoir l'un des noms de ces mecs ?
Kristen Stewart : Vous plaisantez, n'est-ce pas ?

Journaliste : De nombreuses personnalités publiques souhaitent et craignent en même temps d'être au centre de l'attention. Avez-vous réussi à éviter cette paranoïa ?
Kristen Stewart : Selon une histoire très populaire en Amérique du Nord, certains individus, simplement parce qu'ils sont le centre d'attention, cessent d'être des gens et deviennent des bandes dessinées, des créatures en deux dimensions. Et il y a beaucoup d'argent qui tourne autour de ça, beaucoup de gens obtiennent une part du gâteau. Comprendre que vous faites partie d'une machine et que vous en êtes un élément vous permet de vous concentrer uniquement sur les opinions des personnes que vous appréciez et de vous passer du reste. Avant, ce sujet me rendait fou, mais maintenant, je vois la force derrière.

Journaliste : Dans Seberg, un personnage dit, 'La révolution a besoin de stars de cinéma'. Je pense que vous pensez la même chose.
Kristen Stewart : Dans certaines situations, nous pouvons aider les choses à changer et j'en suis convaincue. Il est difficile de faire une révolution debout sur une boîte de fruits en criant dans un mégaphone. C'est quelque chose de plus subtil et qui nécessite plus de temps. Influencer ou ne pas influencer la politique dépend beaucoup de qui sont vos compagnons de voyage. Si je peux aider quelqu'un à ne pas avoir honte de qui il est ou de ses décisions, je suis heureuse de le faire. Et si le prix que je dois payer est ma photo prise pendant que je fais mes courses, je l'accepte. Les laisser regarder donne un grand sentiment de puissance. Il est important de ne pas essayer de contrôler ce que le monde pense de vous. Franchement, je m'en fous.


* Scans digitaux





Source: @yo_dona @yodona
Transcription: @Uchiland
Scans: @Korita05 

dimanche 10 mars 2019

Interview de Kristen avec le magazine espagnol Yo Dona

Dans une interview avec le magazine espagnol Yo Dona, Kristen parle de Jeremiah Terminator LeRoy de Justin Kelly, l'un de ses prochains films, de la célébrité et de la sexualité et de The Chronology Of Water, son prochain long métrage en tant que réalisatrice. 




Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs

Journaliste : Etiez-vous au courant de cette histoire tordue et fascinante ?
Kristen Stewart : Non. Lorsque j'ai reçu le scénario, la première chose qui m'est venue à l'esprit est : 'Attends, est-ce que là a vraiment eu lieu ?'. Et j'ai pensé qu'ils avaient peut être pris certaines libertés pour rendre le film plus intéressant. Je veux dire, les gens n'ont pas pu y croire pendant si longtemps !
Journaliste : Alors, qu'est-ce qui vous a convaincu d'accepter d'apparaître dans le film ?
Kristen Stewart : Cette histoire peut être comprise comme une expérience artistique énorme et étrange, combinant installation et performance. J'aime le personnage, mais aussi l'être humain. Savannah est une personne authentique, généreuse, intelligente et chaleureuse. Il me semble qu'une fille si jeune, immergée dans ce phénomène médiatique bouillonnant, a réussi à rester fidèle à elle-même et à se forger une identité.
Journaliste : En se faisant passer pour JT Leroy, Savannah a découvert des choses sur elle-même. Qu'avez-vous appris ?
Kristen Stewart : J'ai découvert que je suis très heureuse d'être plus âgée. Il y a deux ans, j'étais dans une phase vitale où j'avais le sentiment d'être submergée, au point de ne pas savoir qui j'étais et avec qui je voulais partager mon temps. Cela m'est arrivé comme à Savannah : je ne savais pas si cela correspondait avec l'aspect avec lequel je voulais me présenter au monde …
Journaliste : En fait, le film soulève le contrate entre la personne publique et la personne privée, alors j'imagine que vous avez le sentiment de pouvoir vous identifier.
Kristen Stewart : Tant cette lutte interne, cette exposition continue … Je sais que ce que vous expérimentez dans la manière dont vous vous présentez en public ne correspond pas nécessairement à ce que vous ressentez à l'intérieur de vous.
Journaliste : Quel a été l'aspect le plus difficile de la célébrité à affronter ?
Kristen Stewart : Lorsque j'étais jeune, d'autres camarades m'ont dit : 'Viens, détends-toi, donne au public et à la presse ce qu'ils veulent'. Mais je ne peux pas. Et c'est terrifiant. Vous êtes assis dans une pièce dans laquelle tout le monde vous considère comme un monstre et le véritable monstre est celui qui est à côté de vous, donnant l'impression d'être le plus cool. Je connais beaucoup de gens qui ont l'air d'être charmants. Ils sont si prévisibles … Ils disent ce qu'on attend d'eux à chaque instant. Tout le monde les aime. Et c'est ironique, parce que souvent ce qu'ils montrent et ce qu'ils disent n'est pas vrai.
Journaliste : Avez-vous surmonté ce stade de confusion et ressenti davantage les raisons pour leqsquelles vous avez décidé de diriger votre premier film ?
Kristen Stewart : Pourquois suis-je plus vieille ? [Rires] Non, j'ai toujours ressenti ce rugissement en moi. Faire un film est un processus précaire et délicat, où plusieurs mains sont nécessaires. Et arriver à la fin de cette expérience, c'est comme jongler avec un contenu précieux. C'est le meilleur sentiment que j'ai jamais vécu. Depuis mon enfant, je suis stimulée par cette communauté de personnes qui partagent une idée au point de tout faire pour la réaliser. Et je veux diriger cette communauté, parce que cela m'a enthousiasmé dans le passé, cela a façonné la personne que je suis. Je me sens si chanceuse que je veux le partager.
Journaliste : Avez-vous parlé avec Savannah de la frustration d'être étiquetée selon vos préférences sexuelles ?
Kristen Stewart : Oui, j'adore parler de ça avec elle. Nous mettons des étiquettes parce que nous voulons nommer les choses pour pouvoir les comprendre. Ça m'arrive aussi. Mais, c'est à cause du manque de références. Au fil du temps, je me rends compte qu'il y a beaucoup d'histoires remarquables. Lorsque je regarde un film d'époque, je me demande où sont les homosexuels. Ils ne racontent pas leurs vies. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas encore développé le bon vocabulaire pour ces périodes, mais tout viendra.
Journaliste : Quels changements observez-vous dans les nouvelles générations en ce qui concerne l'acceptation de la sexualité ?
Kristen Stewart : Ils ne lui donnent pas la plus grande importance. J'ai grandi entourée d'enfants qui ont qualifié les uns les autres d'incompétents socialement et qui ont été foirés avant de prononcer des mots, mais la nouvelle génération a beaucoup changé. Je ne crois pas aux grandes distinctions, à tout réduire à l'homme et à la femme, car nous avons tellement à l'intérieur de nous … Et ils l'assument naturellement.
Journaliste : En parlant de réductionnisme, que pensez-vous de ce que je vous écrire concernant mon impression de vous après 20 minutes de conversation ?
Kristen Stewart : Tout le monde a une perception des choses selon sa propre expérience, vous avez donc le droit d'écrire ce que vous pensez honnêtement. Si vous essayez de dominer les choses, vous pouvez devenir fou et vous pouvez ne pas vous focaliser sur ce qui a de l'importance. Auparavant, cela me rendait nerveuse et j'étais obsédée par le contrôle, mais honnêtement, j'aime bien avoir des conversations sur des sujets qui me concernant, alors faites ce que vous avez envisagé.

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Laura Dern, qui joue Laura Albert dans Jeremiah Terminator LeRoy, corrobore le talent de Kristen Stewart en tant que cinéaste. 'Peu d'acteurs transmettent cette qualité, mais dans ce film dans lequel nous avons dû nous soutenir mutuellement, j'ai vu l'intégralité des choses avec les yeux d'un réalisateur'.

Son premier film est un drame bisexuel intitulé The Chronology Of Water, bas » sur l'autobiographie homonyme de l'auteure et enseignante américaine Lidia Yuknavitch. Kristen, qui dans sa vie sentimentale a alterné des couples des deux sexes, est pléthorique avec la complexité des projets qu'elle mène.

'Ce n'est pas simplement que mon parcours de découverte personnelle qui m'a amenée à interpréter des personnages avec une aisance sexuelle, ils en créent plus, c'est un triomphe et je me sens heureuse de défendre et de raconter ces histoires', a t-elle confié à IndieWire. Parmi les films prêts à passer sur grand écran, on trouve le thriller d'époque Lizzie, dans lequel elle interprète la petite amie de sa partenaire Chloë Sevigny, et la comédie romantique Happiest Season, dans laquelle elle découvre que sa petite amie n'est pas encore sortie du placard.

Il y a également de la place pour le biopic : dans Against All Enemies, elle incarne l'actrice Jean Seberg. Et il n'y a pas de dégoût pour l'action – dans Underwater, elle dirigne une équipe de chercheurs subaquatiques confrontés à un séisme – ou pour du pur divertissement, avec le remake d'une épopée féministe de Charlie's Angels, un film à propos duquel elle dit : 'C'était un tournage dans lequel les femmes se soutenaient, nous ne sommes pas contentées de botter des culs. La seule raison de faire une nouvelle version était de la relier à ces temps de prise de conscience'. 


Source: YoDona
Transcription: @bellaxkristen

mardi 21 juin 2016

Interview de Kristen avec le magazine espagnol Yo Dona

Dans une interview avec le magazine espagnol Yo Dona, Kristen revient sur Personal Shopper d'Olivier Assayas, le cinéma européen, sa carrière et la célébrité.


  
Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs
Kristen Stewart, rebelle avec une cause

... Elle a été décrite comme timide dans les médias les plus condescendants et secrète et morose lorsqu'on la questionne, mais elle se défend en termes plus que raisonnables :
'Toute personne qui peut me percevoir comme prudente s'inscrit généralement dans le cadre d'une interview éphémère et superficielle. Cela ne signifie rien pour moi. Mais en vérité, je meurs d'envie de me révéler constamment en tant qu'actrice et en tant que personne, pour me placer dans la vérité'. Durant la promotion de Personal Shopper lors du Festival du Film de Cannes, elle a affiché ses mots en affichant une candeur et une éloquence. Lorsqu'elle a le temps de s'exposer et de répondre aux questions qui ne se déchaînent pas contre sa vie privée, l'actrice de 26 ans, ne donne pas de réponse mono syballique ou évasive, mais elle s'accorde des pauses pour réfléchir à chaque réponse.
 
Journaliste : Maintenant que vous avez incarné une personal shopper, votre point de vue a t-il changé en tant que travail habituel dans votre cercle ?
Kristen Stewart : Je connais le travail des stylistes. Un bon professionnel dans ce domaine est une personne qui vous connaît et qui sait parfaitement souligner votre personnalité, qui vous donne de la force et vous fait vous sentir bien. Je travaille avec la même styliste (Tara Swennen) depuis que j'ai 12 ans. Cela peut paraître frivole et cliché mais j'aime notre collaboration. Il n'y a rien de mal à cela, je m'amuse. Les acteurs ne peuvent pas dénicher les meilleurs vêtements. Ils n'ont simplement pas le temps.
Journaliste : Sur quel critère vous basez-vous pour vos tenues sur le tapis rouge ?
Kristen Stewart : Je choisis des vêtements qui ont souvent un lien avec les films ; c'est comme lire les personnages, une continuation de l'histoire, une note sur la page. Pour l'avant première de Personal Shopper lors du Festival du Film de Cannes, par exemple, tout était en blanc parce que je voulais me sentir pure, jeune et exposée. En temps normal, on ne me voit pas dans des vêtements de marque, mais parce que le film était particulièrement sombre, je voulais apporter une certaine innocence.
Journaliste : En fait, le tournage a coïncidé avec les attentats djihadistes à Paris en novembre dernier. De quelle manière cela a affecté l'équipe, qui était majoritairement française ?
Kristen Stewart : Nous avions déjà fini le tournage à Paris et nous étions à Prague. Nous étions en train de boire un verre et les gens ont commencé à recevoir des messages et se sont simplement figés dans l'horreur. C'était vraiment étrange de tourner un film dans ces circonstances, mais Olivier nous a rassemblé et nous a encouragé à continue et je n'ai vraiment pas eu le sentiment que cela était une motivation égoïste, mais nous avions une certaine persévérance. Sans paraître prétentieuse, parce que cela serait grotesque, mais j'ai vraiment aimé le fait que nous ayons tourné à Paris avant les attentats. A ce jour, nous ne pourrions pas tourner de le métro ou dans plein d'autres endroits dans lesquels nous avons tourné. Je déteste devoir le dire, mais nous avons été plus que chanceux.
Journaliste : Personal Shopper a été hué lors de la projection presse à Cannes et maintenant, Olivier Assayas a reçu le prix du Meilleur Réalisateur. Comment abordez-vous les mauvaises critiques ?
Kristen Stewart : Vous ne pouvez pas aimer tout le monde, mais je préfère éveiller des réactions d'amour/haine plutôt que la médiocrité ou la neutralité ou l'indifférence.Journaliste : Ai-je tort de dire que vous vous souciez moins maintenant qu'au début de ce que les gens pensent de vous ?Kristen Stewart : Je m'inquiète toujours, mais j'ai remarqué que le manque de contrôle rend la perception que le public a de moi vraisemblablement plus réelle. Alors maintenant, par exemple, lorsque que quelqu'un me demande quelque chose que je ne connais pas, je réponds simplement, 'Je ne sais pas', au lieu de me sentir obligée de donner une réponse que je n'ai pas. Je n'ai plus le sentiment d'avoir peur. Actuellement, je lutte pour mieux communiquer, et cela implique simplement de vieillir.
Journaliste : En parlant de communication, le film fait énormément appel à l'utilisation du téléphone portable. Que signifie ce 'gadget' dans votre vie ?
Kristen Stewart : J'adore envoyer des messages. Cela fait partie intégrante de ma génération. Mais avec la plupart des gens, il y a un manque énorme de communication dans la manière dont nous sommes liés. Plus d'une personne m'a demandé, 'Décroche ton téléphone et appelle-moi'. Et tandis que cette nouvelle forme de langage peut ne pas être autant appropriée qu'une conversation en face à face, cela a ses avantages et ses particularités. Dans mon cas, je suis obsédée par le fait de me soucier de mes messages et d'exprimer précisément ce que je veux. Je veux prendre le temps de le faire et c'est quelque chose que vous ne pouvez pas vous permettre de faire si vous êtes en face à face avec quelqu'un. Cependant, je ne suis pas une accro. Je ne suis pas présente sur les réseaux sociaux, à l'exception d'un compte privé sur Instagram.
Journaliste : Quel est votre 'emoji' préféré ?
Kristen Stewart : Voyons voir celui qui vient en tête [prend son téléphone et prend quelques secondes pour regarder son application Whatsapp] … C'est le cœur brisé. Je l'utilise à chaque fois que je pleure, mais par dessous tout, toujours pour quelque chose que j'aime.
Journaliste : Pourquoi était-ce si difficile à filmer ?
Kristen Stewart : Le film est incessant. J'ai recréé l'anxiété débilitante dont je souffrais depuis 17 ans. À cet âge, je souffrais de ma première dose de pensées existentielles et j'ai commencé à m'isoler, mais ensuite, j'ai appris à trouver un équilibre, à trouver de la joie dans les distractions, parce que vous ne serez jamais en mesure de répondre à la question qui est de savoir où nous allons à partir d'ici. Mon esprit me dit 'de faire avancer rapidement' Maureen, parce que même s'il y a des gens qui souffrent de cette douleur pendant des années, une lumière au bout du tunnel est en vue et je sais par expérience que l'anxiété est très temporaire. Vous devez vous concentrer sur d'autres choses et ne pas laisser l'anxiété vous paralyser. C'est difficile, je peux m'identifier, et même si parfois je pense qu'il n'y en a pas, en fait il y a un moyen d'en sortir.
Journaliste : Vous avez vécu énormément de situations désagréables. De quelle manière vous déconnectez-vous de cela ?
Kristen Stewart : Beaucoup de personnes m'ont suggéré la méditation, parce que je ne dors pas. J'ai dû mal à dormir et apparemment c'est utile. Je dois essayer. Mais je ne suis pas très bonne en ce qui concerne l'auto-manipulation. J'aime me sentir dépassée, parce que les bonnes choses sont toujours nées de cette situation. Être constamment détendu n'est pas la meilleure façon d'être créatif.
Journaliste : Ces derniers temps, vous avez alterné des blockbusters hollywoodiens avec le cinéma d'auteur européen. Qu'est-ce qui nourrit de plus en plus votre créativité ?
Kristen Stewart : Je n'ai pas de plan prédéfini. Le tournant a été le tournage de Sur La Route (Walter Salles, 2012), parce que ce fut là où j'ai rencontré le producteur Charles Gillibert. Pour simplifier, j'ai trouvé mon grand frère. On m'a donné des opportunités incroyables. Il m'a présenté à Olivier [Assayas] et cela a été mon premier pas vers l'idée que le cinéma signifie prendre des risques. Charles compare sa motivation à faire des films avec le premier homme sur la Lune, un lieu inconnu, dangereux … Telle est la raison d'être du cinéma en Europe. L'industrie du cinéma aux Etats Unis, cependant, refuse de s'engager des projets qui ne garantissent pas d'être un succès instantané. Il y a toujours des attentes et je préfère le sentiment d'insécurité. C'est la position que je veux explorer dans ma carrière.
Journaliste : Vous sentez-vous moins observée en Europe ?
Kristen Stewart : En société oui. Les gens normaux ne sont pas intéressés par le fait de savoir qui je suis. Mais les paparazzi sont parfois pires parce qu'il y a beaucoup plus de célébrités présentes à Paris et à Londres qu'il y en a à Los Angeles et à New York. Alors lorsqu'ils me trouvent, ils sont féroces.
Journaliste : Pouvez-vous encore aller quelque part où vous pouvez passer inaperçue ?
Kristen Stewart : A Los Angeles, littéralement, tout le monde jette un coup d'œil par dessus son épaule s'ils voient quelqu'un qu'ils connaissent, mais à New York, les gens se déplacent trop vite pour vous remarquer ou s'ils vous remarquent, ils sont plus préoccupés par ce qu'ils doivent faire. C'est différent dans chaque ville. Mais je n'ai pas encore trouvé d'endroit où je passe inaperçu.

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