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lundi 5 février 2018

Lizzie : Interview de Chloë Sevigny avec Vice [Sundance 2018]

A l'occasion du Festival du Film de Sundance 2018, Chloë Sevigny mentionne Kristen et parle de Lizzie, de son rôle, du tournage et des décors, de la famille Borden et de sa collaboration avec Kristen et le réalisateur Craig William Macneill dans une interview avec Vice. 



Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs


Journaliste : Dans Lizzie, vous jouez une personne réelle entourée de plus d'un siècle d'iconographie, de légendes et de folklore. Comment vous engagez-vous vis à vis de cela pour créer un véritable être humain ? Ou est-ce vous ?
Chloë Sevigny : J'ai lu tellement de livres, regardé tant de choses et je me suis rendue et je suis restée dans la maison à trois reprises ; c'est une chambre d'hôtes. Ils vous font une visite et ils vous racontent toute l'histoire. Vous pouvez obtenir une séance, ce que nous avons fait. Comment ne le pourriez-vous pas ? Je suis allée au palais de justice de New Bedford, le cimetière où elle est enterrée et à la Fall River Historical Society pour examiner les documents et les objets anciens qui se trouvaient dans la maison. Je me suis vraiment immergée dans le monde.
Une fois que [la scénariste Bryce Kass] et moi avons décidé de l'histoire que nous voulions raconter et la façon dont nous voulions la raconter, je devais rester fidèle à cela. Il y a tellement d'aficionados qui diront, 'Eh bien, cela n'est pas ainsi que cela s'est passé' – il s'agit de notre interprétation du mythe, et le mythe ne cesse de grandir. C'est un mystère non résolu. Lorsque j'ai commencé à le développer, j'ai pensé qu'il serait intéressant de le faire comme un jeu de Cluedo, où vous jouez tous les différents scénarios. Cela ne s'est pas produit, mais je pensais que cela aurait été un concept intéressant.

Journaliste : Comment était la séance ?
Chloë Sevigny : [Rires]. L'air glacial est rentré. Il y en avait qui communiquaient avec [le père de Lizzie Borden, Andrew Jennings]. C'était terrifiant. La première nuit, j'étais là avec un ex petit ami qui est un gars très terre à terre et il était vraiment terrifié au milieu de la nuit. Il sentait une présence qui le repoussait. Lors des trois occasions où j'ai été là, cela m'a énervé.
Ils font énormément d'affaires – les nuits des meurtres, ces chambres sont mises aux enchères parce qu'il s'agit d'une marchandise tellement demandée. Ils disent que les invités vont venir dormir sur le sol où le corps d'Abby a été trouvé. Les gens sont fanatiques ! Et cela fait partie de la raison pour laquelle nous voulions le développer – il y a déjà un public convaincu. Je ne suis pas une idiote ! Je veux faire un film que les gens veulent voir !

Journaliste : C'est une marque !
Chloë Sevigny : Ouais et moi aussi ! Je ressentais une parenté, d'une manière qui me faisait mal. Des jeunes qui ont le sentiment peut être d'être mal compris ou qui gravitent autour de mes films et du genre de travail que j'ai réalisé – je voulais rendre hommage à une femme qui était une icône de ce genre.

Journaliste : Le film est entouré de toute cette iconographie, mais il donne le sentiment d'être tellement terre à terre et naturaliste. La maison et la cellule donnaient l'impression de vivre dans ces lieux. Y at-il quelque chose en particulier que l'équipe a fait pour créer cet espace pour vous ?
Chloë Sevigny : Nous avons vidé la maison d'un collectionner invétéré à Savannah et nous l'avons reconstruite – nous avons retiré tous les papiers peints et les peintures, réparé les choses, recréé une cuisine d'époque. Il s'agissait de notre interprétation de la maison des Borden, parce que le 'bed and breakfast' est leur version – mais nous voulions que ce soit plus austère. [La chef décorateur, Elizabeth J. Jones] et Craig ont eu une idée de l'élégance qu'ils voulaient apporter au film, parce qu'il est tellement facile d'aller y faire un séjour. Nous voulions qu'il y ait une réelle retenue – une véritable base – et ne pas avoir à aller d'un endroit à l'autre vous aide à vous immerger dans le monde.

Journaliste : Je voulais parler de la collaboration avec Kristen Stewart, parce que j'aime la façon dont vos personnages et vos performances se contredisent. Une grande partie du film parle de la force de Lizzie et de la façon dont cela équilibre la vulnérabilité de Bridget, mais il y a des moments clés où ces rôles sont inversés et elles doivent là l'une pour l'autre. De quelle façon avez-vous développé cette dynamique ensemble ?
Chloë Sevigny : Elle est très consciente de la réalisation – de la caméra, de l'éclairage, de tout. Elle est une personne très consciente d'elle-même et elle est également très libre. Elle veut essayer des choses et c'est très immersif et émotif. Elle a apporté cette énergie réelle. Chaque jour où elle était sur le tournage, elle disait, 'Très bien ! Maintenant laissons-les choses se faire'. [Rires] Elle est une force tellement présente.
Kristen a dit que c'était la première fois qu'elle faisait un film d'époque et qu'elle avait un accent à faire, donc je pense qu'elle a eu du mal avec ça. Les costumes étaient vraiment compliqués pour elle. [Rires] Elle allait, eh bien, enlever sa jupe et elle allait sauter dans ses Vans et ses jeans et fumer des cigarettes et devenir très mécontente. [Rires] C'est une femme cool et c'est l'une des raisons pour lesquelles nous voulions la caster : nous croyons vraiment en elle en tant que personne – ce qu'elle sort d'elle, le genre de films qu'elle choisit de faire et le genre de travail qu'elle veut pour la représenter.

Source: Vice
Via: TeamKristenSite

vendredi 17 mars 2017

Personal Shopper : Interview d'Olivier Assayas avec Vice

A l'occasion de la press junket américaine de Personal Shopper, Olivier Assayas parle de Kristen, leur collaboration, ses qualités, l'intrigue du film, le surnaturel et les SMS dans une interview avec Vice. 



Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs

Olivier Assayas n'a jamais entendu le terme de 'faire le mort' auparavant. On pourrait penser que quelqu'un lui aurait fait connaître à n'importe quel moment entre aujourd'hui et Cannes l'année dernière, puisque son nouveau film, Personal Shopper, implique que Kristen Stewart devienne littéralement fantomatique. C'est à dire qu'elle entre dans une conversation par SMS frénétique, voyeuriste, menaçante et sexuellement chargée avec un fantôme, qui est peut être son frère jumeau décédé. Aussi étrange que cela semble l'être, il se traduit à l'écran d'une façon magnétique grâce à l'éclat de Stewart dans toutes les prises, le regard dévoué d'Assayas alors que son actrice principale essaie de magnifiques vêtements et sa sensibilité à la mode tout en démêlant cette histoire flippante.

C'est la seconde fois qu'Assayas travaille avec sa nouvelle muse. En 2015, le rôle de Stewart comme assistante personnelle de Juliette Binoche dans Clouds Of Sils Maria lui a valu un prestigieux Césarr (essentiellement l'équivalent des Oscars français), ce qui en fait la première actrice américaine à l'avoir obtenu. Personal Shopper est un mouvement beaucoup plus audacieux et expérimental pour Stewart, dont Assayas qualifie plus comme sa collaboratrice qu'actrice. Et puisqu'il s'agit d'un film d'Assayas, il ne nous donne pas de réponses claires dans son mystère du XXIème siècle. Et il ne se contente pas de rester dans une voie de genre – qu'il s'agisse d'une histoire d'horreur ou de suspense ou d'une histoire de passage à la majorité (même le montage du relooking ne ressemble à rien de ce que vous avez vu auparavant) – ou même un seul support, en utilisant des séances comme source d'inspiration dans les scènes fantomatiques et en filmant des longs échanges en va et vient qui se déroulent sur l'iPhone.

Avant un solide lancement dans le box office le week end dernier , nous nous sommes assis avec le réalisateur français réputé pour discuter de son nouveau film, le protocole des SMS et le travail avec Roman Polanski.

Journaliste : Le film est bien plus que des vêtements de luxe et de SMS, mais je parais tellement idiot à chaque fois que j'essaie de décrire le film. Avez-vous eu du mal à obtenir votre vision avant d'avoir fait le film ?
Olivier Assayas : Eh bien, pas vraiment. Kristen Stewart a été immédiatement impliquée dans le projet et nous avons fait ce film avec très peu d'argent – environ 5 millions de dollars. Si j'ai du faire un pitch, j'aurais eu du mal.

Journaliste : Avez-vous vu Elle ? Cela m'a un peu rappelé cela : la façon dont les femmes font face à la douleur ou à la perte et la façon dont parfois cela n'a aucun sens pour les autres.
Olivier Assayas : Oui, j'avais Elle. Je pense que le film est, en fin de compte, exactement comme vous le décrivez. C'est vraiment l'histoire d'une autre personne ou simplement de quelqu'un qui, par la douleur, redevient elle-même. J'ai utilisé divers éléments – l'angoisse, la peur, peu importe – pour aider le public à partager ces émotions très fondamentales. Et puis j'ai essayé de le transmettre à travers les éléments de genre.

Journaliste : Est-ce bizarre que les gens commencent tout juste à écrire des choses au sujet de Kristen Stewart comme, 'Il s'avère qu'elle est en fait une excellente actrice', après vos films ?
Olivier Assayas : Je l'ai toujours adorée. Je ne savais pas jusqu'où nous pourrions aller ensemble. Je l'avais vue dans le premier film Twilight. Je l'avais vue dans Into The Wild et elle était incroyable. Et je l'ai également adorée en jeune Joan Jett dans The Runaways. J'ai pensé qu'elle recevait cette sorte d'énergie punk tellement bien. J'ai toujours pensé qu'elle était une actrice très spéciale. Jusqu'où elle pourrait aller, je n'en avais aucune idée. Je l'ai découvert pendant que nous tournions Clouds Of Sils Maria. J'ai réalisé que pour chaque petite chose qu'elle devait faire, elle le transformait en quelque chose qui était complètement cinématographique. Je ne pense pas avoir inventé Kristen ou peu importe. C'est vraiment son talent et son travail acharné, mais je pense que j'étais la bonne personne au bon moment parce que je pouvais lui dire que c'était ok d'être elle-même.

Journaliste : Bien, c'est un matériel beaucoup plus étrange.
Olivier Assayas : Ouais, cette scène dans laquelle elle essaie des vêtements a vraiment été une création de Kristen. J'ai dit à Kristen, 'Ne t'inquiète pas, prends ton temps, fais-la comme tu veux et je ferai du montage'. Et puis, lorsque je l'ai vue le faire, j'ai pensé, 'Oh mon dieu, je ne vais pas faire du montage de cela'. Elle a tiré quelque chose de chaque mouvement. Je veux dire, c'est ce que fait Kristen ; elle est comme une danseuse. Elle a également cette conscience très précise de la façon dont un moment peut être sexy. Et elle le microgère d'une manière brillante.

Journaliste : Est-ce que vous connaissez le terme de 'faire le mort' ?
Olivier Assayas : 'Faire le mort' ?. Non.

Journaliste : Ok, disons que vous sortez avec quelqu'un ou vous envoyez des SMS ou vous communiquez avec eux, puis soudainement ils cessent de vous parler. C'est ce que vous appelez 'faire le mort'. Je continue de penser que vous portez ce concept de 'faire le mort' au prochain niveau littéral dans votre film.
Olivier Assayas : Ah oui, oui, oui. Je ne connaissez pas le terme, mais j'aime l'idée de la dramaturgie des SMS. Surtout lorsqu'il s'agit d'une sorte de chose sexuelle bizarre, vous voyez ? J'aime l'idée de la scène de séduction, par quelqu'un que bous ne connaissez pas, mais vous pouvez fantasmer. Et donc, j'aime l'idée qu'elle soit entraînée dans ce genre de chose qui a à voir avec le désir physique ou le désir sexuel ou peu importe comment vous l'appelez. Et aussi par quelqu'un qui est simplement une entité abstraite et cela pourrait être un garçon ou une fille.

Journaliste : Vous avez décidé d'y inclure des accusés de lecture, ce qui est souvent considéré comme impoli. Je suppose que c'est parfait pour qu'un fantôme le fasse. Pensiez-vous à ce protocole des SMS spécifique ?
Olivier Assayas : Eh bien, ce que je voulais capter en fin de compte, c'est la complexité de cette forme spécifique de communication. Je pense que j'ai eu une intuition de cela, mais je n'ai pas réalisé jusqu'à ce que nous soyons en fait sur le tournage du film. Lorsque j'ai commencé à faire le montage, tout d'un coup, chaque petite nuance résonnait de façon très complexe. Les gens sont tellement habitués à communiquer par le texte ; il s'agit d'une expérience que nous partageons tous … Toutes les petites nuances de la façon dont vous répondez, la façon dont vous ne répondez pas, la façon dont vous retardez la réponse. Je voulais pouvoir reproduire la complexité de cette langue dans le film.

Journaliste : Vous utilisez un fantôme fait en effets spéciaux, ce qui n'est évidemment pas votre astuce habituelle. Comment avez-vous dirigé cette scène pour obtenir exactement ce que vous vouliez ?
Olivier Assayas : C'était un processus complexe. Je ne voulais pas me relier à des règles spécialisées contemporaines ; je voulais pouvoir me connecter avec quelque chose d'un peu plus railleur, plus brut, comme la photographie spiritualiste à la fin du 19ème siècle. Ils ont utilisé la photographie pour reproduire ce qu'ils ont imaginé ce qu'ils ont vu pendant les séances. J'ai donc utilisé ce genre de photographie et utilisé la description par des médiums de ce qu'ils ont vu au cours des séances. Je pense que finalement ce que nous avons fini par mettre sur l'écran est aussi proche que possible de la façon dont les esprits ressemblaient dans l'imagination des médiums.


Source: Vice

dimanche 3 mai 2015

Sils Maria : Olivier Assayas mentionne Kristen & le film avec Vice

Dans une interview avec Vice, Olivier Assayas mentionne Kristen et Clouds Of Sils Maria et explique les raisons de son admiration pour l'actrice.

Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs


Journaliste : Il y a une ligne dans le film où le personnage de Kristen Stewart dit, 'Le texte est comme un objet qui va changer de perspective selon l'endroit où vous vous tenez'. Avez-vous le sentiment que votre point de vue à changé en termes de regard sur votre corps de travail ?
Olivier Assayas : Eh bien, je l'espère. J'ai appris à être moins théorique. J'espère que j'ai appris à plus faire confiance à mes instincts, à laisser un espace pour les acteurs pour ne pas exactement improviser mais certainement réinventer la scène. Vous apprenez que le processus de réalisation de films est de capturer la vie réelle et de capturer des émotions réelles. En fin de compte, vous ne devez pas être trop rigide, vous ne devez pas trop contrôler, vous devez laisser les choses se faire.
Mais, concernant la façon dont vous pouvez raconter une histoire d'un million de façons différentes, il s'agit de quelque chose auquel je souscris. Lorsque le personnage de Kristen dit ça, c'est pratiquement la définition du film que vous regardez dans le sens où, si vous imaginez le même film avec deux actrices différentes, c'est une histoire complètement différente. A un stade précoce du film, j'étais sur le point d'engager Mia Wasikowska à la place de Kristen Stewart. Je l'admire et j'aurais été très heureux de travailler avec elle, mais cela aurait été un film complètement différent. Nous aurions des dynamiques complètement différentes.

On a le sentiment que les rôles ont été écrits exclusivement pour Stewart et Binoche.
Je les ai laissées s'approprier les rôles. Je les ai encouragées à aller dans la direction qui a été définie par la dynamique entre elles. Je savais lorsque j'étais en train d'écrire le film que cela dépendrait totalement de la chose qui se passerait entre ces deux filles. Et ce qui est arrivé était d'une certaine manière au-delà de ce que j'avais imaginé. J'ai poussé les choses dans la direction dont j'avais le sentiment qu'elles allaient me mener.

Et quelle direction était-ce ?
Eh bien, d'un côté, c'était évidemment difficile à gérer, la fascination, la forme du désir qui les attire l'une à l'autre. Et c'est quelque chose qui a été créé par petites touches, comme des petits points ça et là. La façon dont cela a été exprimé, ce qui se passe réellement vient directement d'elles. Je ne leur ai jamais dit, 'Fais ci' ou 'Fais ça', je leur ai juste dit d'aller trouver cette direction. La chose c'est qu'elles prenaient du plaisir à travailler ensemble. Il y a un certain sentiment comique qui aurait pu être là ou qui aurait pu ne pas être là. Et je pense qu'elles sont à la fois très intelligentes, donc il y a une certaine ironie et un certain sens de l'humour qui étaient beaucoup plus présent que ce que le film aurait été avec d'autres acteurs.

Tout particulièrement Stewart, que la plupart des gens ont sous évalué tout au long de sa carrière. Qu'avez-vous vu qui vous a obligé à la choisir ?
Je pense qu'elle est incroyable. Je l'ai toujours appréciée. J'ai toujours pensé qu'elle avait un énorme potentiel et j'ai toujours eu le sentiment qu'elle avait une telle présence frappante à l'écran, même lorsque je l'ai vue pour la première fois peut être dans Into The Wild. Et je me souviens avoir pensé quand je regardais ce film, 'Qui est cette fille ? Elle est géniale !'. Quelqu'un qui devrait être un personnage de second plan revient au premier plan. Mais honnêtement, je ne suis pas sûre que je lui aurais fait confiance et j'ai toujours eu le sentiment qu'il y avait plus pour elle que ce les gens pensaient normalement. Je ne savais pas qu'elle irait aussi loin. Et même quand nous tournions, je l'ai regardé et j'ai pensé, 'Oh mon dieu, elle est vraiment géniale'. Mais c'était vraiment dans la salle de montage que je me suis rendue compte de toutes les nuances, de la subtilité et de la profondeur de ce qu'elle faisait. Je pense qu'elle va faire de grandes choses.

Source: Vice Via: TeamKristenSite

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