A l'occasion de la press junket de Seberg, le réalisateur Benedict Andrews mentionne Kristen et parle du film, des personnages, du tournage, de la distribution, du contexte historique de l'époque et de la surveillance du FBI dans une interview avec Screenrant.
Traduction faite par le staff de KStew France. Merci de nous créditer avec LIEN si vous la reprenez ailleurs
Interview du
réalisateur Benedict Andrews - Seberg
Le réalisateur Benedict
Andrews parle de son nouveau film, Seberg,
basé sur la vie et l'adversité de l'actrice et activiste légendaire
Jean Seberg.
L'histoire de Jean Seberg
est celle de la confusion, de la trahison, de l'idéalisme et de la
bataille acharnée à laquelle doit faire face quiconque ose essayer
de rendre le monde meilleur. La jeune actrice prometteuse, une icône
instantanée du mouvement français de la Nouvelle Vague de la fin
des années 50, a vu sa carrière complètement déraillé et ses
moyens de subsistance menacée par l'ingérence du FBI. À l'époque
sous la direction du tristement célèbre J. Edgar Hoover, le FBI
était moins préoccupé par la protection de l'Amérique que par le
maintien de la suprématie blanche en ciblant des leaders des droits
civiques comme Martin Luther King et toute autre institution jugée
'subversive'. Lorsque Seberg a fait des efforts pour obtenir un
soutien financier pour des groupes de défense des droits civiques
comme le Black Panther Party, le FBI de Hoover a systématiquement
démantelé sa réputation et sa carrière et elle ne s'est jamais
remise des coups qu'ils ont infligés.
Cette période
tumultueuse de la vie de Jean Seberg fait l'objet du nouveau long
métrage Seberg. Réalisé par Benedict Andrews (Una),
le drame biopic met en vedette Kristen Stewart dans le rôle de
l'ingénue idéaliste et Anthony Mackie dans le rôle de Hakim Jamal,
un activiste du Black Panther avec lequel l'actrice a eu une liaison
amoureuse à la fin des années 60. La distribution des stars
comprend également Vince Vaughn, Jack O'Connell, Margarat Qualley,
Zazie Beetz et Colm Meaney.
Tout en faisant la
promotion de la sortie de Seberg, le réalisateur Benedict
Andrews a rencontré Screenrant pour discuter de son travail sur le
film, de ses thèmes complexes et de la façon dont l'histoire de
Jean Seberg continue de résonner à ce jour. Il discute de l'ironie
amère de la façon dont les outils du cinéma – caméras et
microphones – ont été utilisés pour détruire Seberg, une
actrice et véritable activiste qui reste dans une relative obscurité
par rapport à beaucoup de ses pairs, en grande partie en raison des
attaques du FBI contre sa carrière et sa réputation. Il partage
également ses espoirs que Seberg incitera les gens à
redécouvrir son travail, son talent et son potentiel non réalisé.
Journaliste :
Jean Seberg est une actrice légendaire que le public américain et
les jeunes générations ne connaissent peut être pas aussi bien
qu'ils devraient l'être. Ressentez-vous une certaine responsabilité
de montrer aux spectateurs pourquoi elle était si importante,
pourquoi elle a été persécutée, pourquoi elle mérite que l'on se
souvienne d'elle et qu'on la défende ?
Benedict Andrews : Je ne pense pas que ce soit même générationnel. Je pense que cela fait partie de son histoire que les gens la connaissent comme une icône d'A Bout De Souffle, mais sa carrière n'a jamais été propulsée. Elle était très célèbre lorsqu'elle a interprété Jeanne d'Arc et a eu ce moment de gloire immédiat, mais il y a une ombre sur son héritage et cela pourrait bien être lié aux événements que le film dépeint. Je ressens une énorme responsabilité de mettre en lumière cette partie de sa vie, l'injustice qui lui est arrivée. Mais plus que cela, je pense que c'est la responsabilité d'un réalisateur, que le personnage soit vivant ou fictif, de trouver et d'entrer dans la vérité émotionnelle de ce personnage. Le film regarde à travers une fenêtre très spécifique sa vie, mais en cela, nous essayons de laisser un chemin pavé d'indices. Le personnage de Jack O'Connell, il a les mêmes questions que certains spectateurs : 'Qui est Jean Seberg ?'. En rentrant dans sa vie, nous pouvons commencer à tirer des fils et à laisser des traces pour que les gens puissent suivre son passé. Nous n'essayons pas de raconter toute l'histoire. Ce serait une toute autre chose.
Benedict Andrews : Je ne pense pas que ce soit même générationnel. Je pense que cela fait partie de son histoire que les gens la connaissent comme une icône d'A Bout De Souffle, mais sa carrière n'a jamais été propulsée. Elle était très célèbre lorsqu'elle a interprété Jeanne d'Arc et a eu ce moment de gloire immédiat, mais il y a une ombre sur son héritage et cela pourrait bien être lié aux événements que le film dépeint. Je ressens une énorme responsabilité de mettre en lumière cette partie de sa vie, l'injustice qui lui est arrivée. Mais plus que cela, je pense que c'est la responsabilité d'un réalisateur, que le personnage soit vivant ou fictif, de trouver et d'entrer dans la vérité émotionnelle de ce personnage. Le film regarde à travers une fenêtre très spécifique sa vie, mais en cela, nous essayons de laisser un chemin pavé d'indices. Le personnage de Jack O'Connell, il a les mêmes questions que certains spectateurs : 'Qui est Jean Seberg ?'. En rentrant dans sa vie, nous pouvons commencer à tirer des fils et à laisser des traces pour que les gens puissent suivre son passé. Nous n'essayons pas de raconter toute l'histoire. Ce serait une toute autre chose.
Journaliste :
Cela serait une mini série.
Benedict Andrews : Chaque personnage du film, et Jean elle-même, il y aurait plusieurs mini séries, parce que leurs vies sont si complexes et lourdes et chargées. Mais nous nous sommes volontairement focalisés sur ces deux années à la fin des années 60. Mais à la fin, nous laissons des pistes à suivre, comme l'incendie dans Saint Joan, lorsqu'elle a été brûlée sur ce plateau de tournage, et tous ces petits indices. Mais chaque aspect de sa vie est tellement extraordinaire. Nous évoquons à peine son mariage avec Romain Gary, qui est une histoire fascinante en soi. Je pense que c'est une invitation pour les gens à se rapprocher d'elle. Nous voulions nous rapprocher d'elle pendant la période couverte par le film et montrer la campagne du FBI contre elle, à la fois de son côté, en tant que personne qui s'enfonce et qui est devenue folle à cause de cette expérience, mais aussi de l'autre côté, avec Jack qui regarde ça. Mais oui, il y a une énorme responsabilité envers son héritage et de ne pas laisser son histoire disparaître. Politiquement et culturellement, c'est une histoire extrêmement importante qui semble correspondre au moment actuel dans lequel nous vivons.
Benedict Andrews : Chaque personnage du film, et Jean elle-même, il y aurait plusieurs mini séries, parce que leurs vies sont si complexes et lourdes et chargées. Mais nous nous sommes volontairement focalisés sur ces deux années à la fin des années 60. Mais à la fin, nous laissons des pistes à suivre, comme l'incendie dans Saint Joan, lorsqu'elle a été brûlée sur ce plateau de tournage, et tous ces petits indices. Mais chaque aspect de sa vie est tellement extraordinaire. Nous évoquons à peine son mariage avec Romain Gary, qui est une histoire fascinante en soi. Je pense que c'est une invitation pour les gens à se rapprocher d'elle. Nous voulions nous rapprocher d'elle pendant la période couverte par le film et montrer la campagne du FBI contre elle, à la fois de son côté, en tant que personne qui s'enfonce et qui est devenue folle à cause de cette expérience, mais aussi de l'autre côté, avec Jack qui regarde ça. Mais oui, il y a une énorme responsabilité envers son héritage et de ne pas laisser son histoire disparaître. Politiquement et culturellement, c'est une histoire extrêmement importante qui semble correspondre au moment actuel dans lequel nous vivons.
Journaliste :
Bien sûr. Le simple fait de regarder le film est tellement
révélateur de la façon dont la campagne du FBI contre elle et les
Black Panthers consistait à la réduire à une femme hystérique et
à un groupe de gars noirs en colère qui veulent renverser tout le
gouvernement. Un peu comme la façon dont l'égalité devient
confondue avec la suprématie et comment elle est étrangement
inversée maintenant, avec des nationalistes blancs qui se sentent
privés de leurs droits parce qu'ils croient que la suprématie
blanche est menacée. C'est sauvage. Ces fausses équivalences. Et
ils ont réussi avec Jean, car elle est tellement obscure
aujourd'hui.
Benedict Andrews : Et aussi réussi en raison de la destruction de ces relations. La destruction de ses relations politiques, mais aussi personnelles. Je veux dire, ce qui est arrivé à Jean n'était que la pointe de l'iceberg. Comme le dit le personnage d'Anthony Mackie, elle est prise entre les feux de la guerre de l'Amérique blanche contre l'Amérique noire. Il n'y a pas vraiment d'équivalence en termes de guerre contre ces militants. Nous y faisons allusion ; par exemple, quand vous voyez l'école détruite, c'est dévastateur et une conséquence directe de ce genre de guerre que le personnage de Vince Vaughn représente. Une guerre secrète et sale. Dans le cas de Jean, elle apporte un soutien financier et organise des collectes de fonds. Elle ne donne même pas nécessairement une énorme voix publique. Il y avait d'autres militants, comme Jane Fonda et Marlon Brando, qui étaient beaucoup plus aux yeux du public pour leurs actions, mais même pour cela, et pour franchir ces frontières, le mécanisme de la surveillance de l'Etat est tourné contre elle. Il y a une réelle perte de ces relations productives entre Hollywood et les activistes noirs. Des gens qui croient sincèrement au changement de leur pays et une femme qui a été horrifiée par l'injustice dans son pays et qui essaie de trouver un moyen de changer cela. Et de voir son sens de la vérité détruit et sa vie privée détruite. Mais, bien sûr, ces héritages se poursuivent toujours de manière très positive également.
Benedict Andrews : Et aussi réussi en raison de la destruction de ces relations. La destruction de ses relations politiques, mais aussi personnelles. Je veux dire, ce qui est arrivé à Jean n'était que la pointe de l'iceberg. Comme le dit le personnage d'Anthony Mackie, elle est prise entre les feux de la guerre de l'Amérique blanche contre l'Amérique noire. Il n'y a pas vraiment d'équivalence en termes de guerre contre ces militants. Nous y faisons allusion ; par exemple, quand vous voyez l'école détruite, c'est dévastateur et une conséquence directe de ce genre de guerre que le personnage de Vince Vaughn représente. Une guerre secrète et sale. Dans le cas de Jean, elle apporte un soutien financier et organise des collectes de fonds. Elle ne donne même pas nécessairement une énorme voix publique. Il y avait d'autres militants, comme Jane Fonda et Marlon Brando, qui étaient beaucoup plus aux yeux du public pour leurs actions, mais même pour cela, et pour franchir ces frontières, le mécanisme de la surveillance de l'Etat est tourné contre elle. Il y a une réelle perte de ces relations productives entre Hollywood et les activistes noirs. Des gens qui croient sincèrement au changement de leur pays et une femme qui a été horrifiée par l'injustice dans son pays et qui essaie de trouver un moyen de changer cela. Et de voir son sens de la vérité détruit et sa vie privée détruite. Mais, bien sûr, ces héritages se poursuivent toujours de manière très positive également.
Journaliste :
Oui. Je pense que vous le voyez un peu dans la mentalité 'tais-toi
et chante' qui apparaît tout le temps sur Twitter. Comme quand
Joaquin Phoenix a remporté son Oscar et a prononcé un discours
important sur ce en qui il croyait et s'est moqué en ligne. Je veux
dire, c'est évidemment loin de l'échelle de ce qui a été fait à
Jean, mais c'est peut être un vestige de cette relation … Mais une
chose qui est vraiment édifiante est la distribution de stars que
vous avez assemblé pour ce dont j'imagine n'est pas un film à gros
budget.
Benedict Andrews : Cela ne l'est pas. [Rires] Ce qui est aussi, vous le savez, l'une des réalisations de toute l'équipe. C'est un film extrêmement élégant. C'était une femme élégante, mais le film traverse également ces différents mondes et nous devions créer et rendre justice, au niveau de la période, à tous ces mondes. Je voulais que chacun de ces mondes ait sa propre beauté photogénique, etc. pour notre budget, c'était un vrai défi, mais une réalisation dont je suis vraiment fier. Mais vous avez posé des questions sur la distribution ?
Benedict Andrews : Cela ne l'est pas. [Rires] Ce qui est aussi, vous le savez, l'une des réalisations de toute l'équipe. C'est un film extrêmement élégant. C'était une femme élégante, mais le film traverse également ces différents mondes et nous devions créer et rendre justice, au niveau de la période, à tous ces mondes. Je voulais que chacun de ces mondes ait sa propre beauté photogénique, etc. pour notre budget, c'était un vrai défi, mais une réalisation dont je suis vraiment fier. Mais vous avez posé des questions sur la distribution ?
Journaliste :
Ah, nous pouvons revenir à eux, nous avons le temps. J'ai parlé à
des gens qui ont déjà fait des films d'époque et ils ont tous
soupiré et dit, 'Ce n'est pas facile'. Tout
anachronisme ressort comme un pouce endolori. Il faut beaucoup de
travail pour s'assurer que chaque voiture est adaptée à l'époque,
chaque accessoire, chaque costume … Et ses costumes sont
incroyables.
Benedict Andrews : Ouais, Michael Wilkinson (Justice League) a fait un travail incroyable.
Benedict Andrews : Ouais, Michael Wilkinson (Justice League) a fait un travail incroyable.
Journaliste :
Cette scène où elle a dit à Anthony Mackie qu'elle est enceinte et
qu'elle porte cette tenue jaune et noire, c'est tout simplement
magnifique.
Benedict Andrews : Michael, c'est un génie. Et il travaille à merveille avec les acteurs. J'ai été particulièrement impressionnée par ces vêtements d'American Hustle. Il s'en sort avec chacun d'eux, mais vous pouvez juste voir la confiance des acteurs, en particulier des actrices de ce film. À la fois, avec élégance et sophistication, mais aussi avec la façon dont les vêtements parlent. Nous ne pouvions pas nous permettre d'aller autant à l'extérieur. Un autre film tourné à la fin des années 60 était tourné en même temps, avec quelque chose comme, 11 ou 12 fois le budget. Mais Margaret Qualley est dans les deux ! [Rires] Je me souviens, je rentrais à 3 heures du matin ou quelque chose du genre, après un tournage de nuit et je me suis arrêté aux feux de circulation au coin d'Hollywood Boulevard. Nous avions recyclé nos deux voitures d'époque et nous nous sommes arrêtés pendant environ huit minutes pendant que les voitures d'époque de Tarantino [pour le film Once Upon A Time In Hollywood] passaient.
Benedict Andrews : Michael, c'est un génie. Et il travaille à merveille avec les acteurs. J'ai été particulièrement impressionnée par ces vêtements d'American Hustle. Il s'en sort avec chacun d'eux, mais vous pouvez juste voir la confiance des acteurs, en particulier des actrices de ce film. À la fois, avec élégance et sophistication, mais aussi avec la façon dont les vêtements parlent. Nous ne pouvions pas nous permettre d'aller autant à l'extérieur. Un autre film tourné à la fin des années 60 était tourné en même temps, avec quelque chose comme, 11 ou 12 fois le budget. Mais Margaret Qualley est dans les deux ! [Rires] Je me souviens, je rentrais à 3 heures du matin ou quelque chose du genre, après un tournage de nuit et je me suis arrêté aux feux de circulation au coin d'Hollywood Boulevard. Nous avions recyclé nos deux voitures d'époque et nous nous sommes arrêtés pendant environ huit minutes pendant que les voitures d'époque de Tarantino [pour le film Once Upon A Time In Hollywood] passaient.
Journaliste :
Oh mon dieu, un convoi !
Benedict Andrews : Il y a eu son budget contre notre budget ! Mais malgré tout, je suis incroyablement fier que nous ayons un sens de l'époque aussi vrai et non cliché dans tous ces mondes différents. D'une certaine manière, le film traite également de l’intersectionnalité des mondes. Jean est un franchisseur de frontières. Dès les premières minutes du film, elle part de la Rive Gauche de Paris, où elle vit avec Romain Gary en tant que chouchoute de la Nouvelle Vague, puis elle passe à LAX [aéroport international de Los Angeles] en 1968, rencontre les Panthers, se rend dans sa magnifique maison vitrée les collines d'Hollywood [Hollywood Hills]. Devenant folle par elle-même, jetant des glaçons dans la piscine, elle décide de conduire à Compton. Et tout ça se passe dans les premières minutes du film et nous traversons ces mondes. Et le premier jour de travail de Jack, et la banlieue de Los Angeles, dans le ventre de la bête, dans le bâtiment du FBI. Jean est une frontière qui traverse tous ces mondes différents. Donc l'histoire devient celle d'une femme qui teste ces frontières et franchit ces frontières, et le film a dû le faire, a dû se déplacer entre tous ces différents mondes et en quelque sort les contraster et les corriger, mais cela concerne également le fait que ces frontières sont franchies et la façon dont le FBI s'intéresse à quelqu'un qui viole cela. Et ils sont aussi à cette frontière. Il y a une belle scène, très tôt, lorsque Jack est dans la camionnette, et dans une hommage à The Conversation, la caméra dérive à travers la voiture et sur deux femmes qui se maquillent. C'est une métaphore du cinéma, car il est assis là, regardant ces deux personnes à travers un écran avec sa caméra là-bas. Ce délicieux coup de pied du voyeurisme est similaire à ce que le public obtient. C'est l'une des choses qui m'ont séduit au niveau cinématographique. Cette femme, qui vit sa vie en public en tant qu'actrice … Et j'ai passé ma vie à travailler avec des acteurs incroyables dans le théâtre et leur travail consiste à rentrer dans leur vie privée – toutes les choses que nous gardons habituellement cachées, que nous ne sommes pas censés montrer à d'autres personnes – le travail de l'acteur est de creuser et d'utiliser leurs souvenirs, leurs émotions, d'exposer leurs nerfs à vif devant le public ou la caméra. C'est leur métier, leur produit et leur âme. C'est leur vérité.
Benedict Andrews : Il y a eu son budget contre notre budget ! Mais malgré tout, je suis incroyablement fier que nous ayons un sens de l'époque aussi vrai et non cliché dans tous ces mondes différents. D'une certaine manière, le film traite également de l’intersectionnalité des mondes. Jean est un franchisseur de frontières. Dès les premières minutes du film, elle part de la Rive Gauche de Paris, où elle vit avec Romain Gary en tant que chouchoute de la Nouvelle Vague, puis elle passe à LAX [aéroport international de Los Angeles] en 1968, rencontre les Panthers, se rend dans sa magnifique maison vitrée les collines d'Hollywood [Hollywood Hills]. Devenant folle par elle-même, jetant des glaçons dans la piscine, elle décide de conduire à Compton. Et tout ça se passe dans les premières minutes du film et nous traversons ces mondes. Et le premier jour de travail de Jack, et la banlieue de Los Angeles, dans le ventre de la bête, dans le bâtiment du FBI. Jean est une frontière qui traverse tous ces mondes différents. Donc l'histoire devient celle d'une femme qui teste ces frontières et franchit ces frontières, et le film a dû le faire, a dû se déplacer entre tous ces différents mondes et en quelque sort les contraster et les corriger, mais cela concerne également le fait que ces frontières sont franchies et la façon dont le FBI s'intéresse à quelqu'un qui viole cela. Et ils sont aussi à cette frontière. Il y a une belle scène, très tôt, lorsque Jack est dans la camionnette, et dans une hommage à The Conversation, la caméra dérive à travers la voiture et sur deux femmes qui se maquillent. C'est une métaphore du cinéma, car il est assis là, regardant ces deux personnes à travers un écran avec sa caméra là-bas. Ce délicieux coup de pied du voyeurisme est similaire à ce que le public obtient. C'est l'une des choses qui m'ont séduit au niveau cinématographique. Cette femme, qui vit sa vie en public en tant qu'actrice … Et j'ai passé ma vie à travailler avec des acteurs incroyables dans le théâtre et leur travail consiste à rentrer dans leur vie privée – toutes les choses que nous gardons habituellement cachées, que nous ne sommes pas censés montrer à d'autres personnes – le travail de l'acteur est de creuser et d'utiliser leurs souvenirs, leurs émotions, d'exposer leurs nerfs à vif devant le public ou la caméra. C'est leur métier, leur produit et leur âme. C'est leur vérité.
Journaliste :
C'est tellement complexe, parce que le FBI applique la ségrégation
assimilée. Et Jean essaie de franchir ces lignes et ensuite le
personnage de Zazie [Beetz], Dorothy, la qualifie de
'touriste'.
Benedict Andrews : C'est à un moment où tout commence à changer. Ce changement est dans l'air, et comme le dit le personnage de Zazie [Beetz], la révolution a besoin de stars de cinéma. Cette tension est là et elle pourrait basculer dans les deux sens. Et en toute honnêteté, le FBI a divulgué des preuves de la vie privée de Jean et Hakim, donc Dorothy vient de découvrir que son mari a une liaison. Mais elle ne l'a pas découvert parce qu'elle l'a vu rentrer tard ou quelque chose comme ça ; elle l'a découvert parce que le FBI a divulgué la bande vidéo. Puis, cela bascule de l'autre côté, où Jean est devenue une touriste. Toutes les contradictions se dévoilent et s'arment. Ce qui m'a vraiment intéressé et cela touche à tout cela … En tant qu'actrice, ayant un espace privé, le FBI retourne le même équipement de cinéma contre elle. Le cinéma doit être la poursuite de la vérité, une exposition du tissu vivant de la vie et du monde et des relations humaines et politiques, et le cinéma est notre outil par excellence pour examiner un peu notre substance vivante et y réfléchir, et le travail de l'acteur est de mettre cette vérité devant un public. Le FBI a utilisé ces mêmes outils, caméras et microphones et a étudié la minutie d'une vie, pour la détruire, pour détruire ses relations politiques et pour détruire la notion même de vérité. Et pour prendre les choses qu'ils trouvent et les armer contre elle. Elle était à la frontière entre le cinéma et la surveillance. C'est une étude vraiment fascinante maintenant que nous vivons dans une culture de surveillance, rappelant à quel point cette machine de surveillance étatique est terrifiante. Nous le voyons à ses débuts dans le film. Maintenant, c'est devenu la surveillance culturelle de masse dans laquelle nous vivons.
Benedict Andrews : C'est à un moment où tout commence à changer. Ce changement est dans l'air, et comme le dit le personnage de Zazie [Beetz], la révolution a besoin de stars de cinéma. Cette tension est là et elle pourrait basculer dans les deux sens. Et en toute honnêteté, le FBI a divulgué des preuves de la vie privée de Jean et Hakim, donc Dorothy vient de découvrir que son mari a une liaison. Mais elle ne l'a pas découvert parce qu'elle l'a vu rentrer tard ou quelque chose comme ça ; elle l'a découvert parce que le FBI a divulgué la bande vidéo. Puis, cela bascule de l'autre côté, où Jean est devenue une touriste. Toutes les contradictions se dévoilent et s'arment. Ce qui m'a vraiment intéressé et cela touche à tout cela … En tant qu'actrice, ayant un espace privé, le FBI retourne le même équipement de cinéma contre elle. Le cinéma doit être la poursuite de la vérité, une exposition du tissu vivant de la vie et du monde et des relations humaines et politiques, et le cinéma est notre outil par excellence pour examiner un peu notre substance vivante et y réfléchir, et le travail de l'acteur est de mettre cette vérité devant un public. Le FBI a utilisé ces mêmes outils, caméras et microphones et a étudié la minutie d'une vie, pour la détruire, pour détruire ses relations politiques et pour détruire la notion même de vérité. Et pour prendre les choses qu'ils trouvent et les armer contre elle. Elle était à la frontière entre le cinéma et la surveillance. C'est une étude vraiment fascinante maintenant que nous vivons dans une culture de surveillance, rappelant à quel point cette machine de surveillance étatique est terrifiante. Nous le voyons à ses débuts dans le film. Maintenant, c'est devenu la surveillance culturelle de masse dans laquelle nous vivons.
Journaliste :
Ouais, pas qu'ils aient même besoin de surveillance ; ils
peuvent simplement inventer des trucs et qualifier la vérité de
'fake news'. Je veux dire, pas pour devenir politique ou quoi que ce
soit.
Benedict Andrews : Le film en parle, c'est une autre façon d'être prophétique.
Benedict Andrews : Le film en parle, c'est une autre façon d'être prophétique.
Journaliste :
Bon, il ne s'agit pas du bébé d'Hakim.
Benedict Andrews : Lorsque le personnage de Vince [Vaughn] … Il est comme une sorte d'écrivain malade ou d'écrivain réalisateur de ce côté du film dans le film. Il prend les preuves qu'il a recueillies, et vous voyez ce moment où il les écoute et les déforme, sachant que les dommages que cela fera et en étant très cavalier à ce sujet. La même chose avec son patron, comme quand il quitte le studio.
Benedict Andrews : Lorsque le personnage de Vince [Vaughn] … Il est comme une sorte d'écrivain malade ou d'écrivain réalisateur de ce côté du film dans le film. Il prend les preuves qu'il a recueillies, et vous voyez ce moment où il les écoute et les déforme, sachant que les dommages que cela fera et en étant très cavalier à ce sujet. La même chose avec son patron, comme quand il quitte le studio.
Journaliste :
Pour en revenir à cette distribution que vous avez assemblée.
Encore une fois, il ne s'agit pas d'un film à gros budget. Mais
est-ce là le pouvoir de l'histoire de Jean ? J'imagine que
beaucoup de ces acteurs ont travaillé pour moins que leurs tarifs
habituels …
Benedict Andrews : Oui et je pense que c'était également un témoignage du scénario. Je pense qu'il y a plusieurs façons de raconter son histoire. Et je pense que, une fois que les gens l'ont connue, je sais que c'était certainement le cas avec Kristen, elle ressentait une empathie et une compréhension incroyables et elle voulait vraiment rendre justice à la vie de Jean. Mais, je pense que lorsque les gens lisent le scénario, ils sont attirés par le tour de force de l'écriture, la façon dont ces deux mondes, et le thriller de surveillance de celui-ci, se croisent avec cette étude de ce portrait de Jean. Et aussi, je pense que les gens ont simplement compris que c'était une histoire qui devait être racontée et que c'est un baril de poudre concernant la façon dont [ce qui se passait en] 1968 parle en 2019 ou 2020. Je pense qu'il y avait un sens à cela, que les gens pouvaient ressentir les choses.
Benedict Andrews : Oui et je pense que c'était également un témoignage du scénario. Je pense qu'il y a plusieurs façons de raconter son histoire. Et je pense que, une fois que les gens l'ont connue, je sais que c'était certainement le cas avec Kristen, elle ressentait une empathie et une compréhension incroyables et elle voulait vraiment rendre justice à la vie de Jean. Mais, je pense que lorsque les gens lisent le scénario, ils sont attirés par le tour de force de l'écriture, la façon dont ces deux mondes, et le thriller de surveillance de celui-ci, se croisent avec cette étude de ce portrait de Jean. Et aussi, je pense que les gens ont simplement compris que c'était une histoire qui devait être racontée et que c'est un baril de poudre concernant la façon dont [ce qui se passait en] 1968 parle en 2019 ou 2020. Je pense qu'il y avait un sens à cela, que les gens pouvaient ressentir les choses.
Journaliste :
Kristen Stewart est tellement talentueuse. Je le sais, vous le savez,
tout le monde le sait et sa performance dans Seberg
est incroyable.
Benedict Andrews : Elle est phénoménale. Elle se met en jeu. Il est difficile pour une actrice de jouer une autre actrice. Elle ne voulait pas faire une imitation. Ça peut très facilement finir comme ça. Il y a un tel fardeau à jouer à quelqu'un d'autre, à copier quelqu'un d'autre. Nous avons très délibérément copié Jean, à 100%, dans la scène de son audition [pour le film d'] Otto Preminger et le moment de la scène finale de À Bout De Souffle. Ensuite, d'une certaine manière, nous pourrions mettre cela de côté et se dire, 'Ok, maintenant, nous pouvons le trouver de l'intérieur et trouver le personnage vivant, brut et vulnérable et se lancer'. C'est ce sur quoi Kristen et moi nous sommes focalisés. Dans quelle situation se trouve cette personne ? En quoi croit-elle ? Pourquoi se bat-elle ? Comment essaie t-elle de garder la tête hors de l'eau ? Elle délivre une performance très élégante, très courageuse, très intelligente, très brute qui fait écho à Jean. Je pense qu'elles ont tous deux une qualité impulsive brute et qu'elles ont toutes les deux une force de vie énorme. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'étais si intéressé par Kristen pour le rôle. Et une chose très délicate pour elle aussi, c'est qu'elle ne joue pas seulement une actrice, mais aussi une icône de style. J'espérais avoir quelqu'un qui était une icône de style à part entière, donc elles ne font pas semblant là-dessus. Elles l'obtiennent et peuvent le faire à leur façon. Je pense que cela a également aidé. J'adore regarder le film et vous pouvez osciller entre : 'Oui, c'est Jean Seberg et oui c'est Kristen Stewart'.
Benedict Andrews : Elle est phénoménale. Elle se met en jeu. Il est difficile pour une actrice de jouer une autre actrice. Elle ne voulait pas faire une imitation. Ça peut très facilement finir comme ça. Il y a un tel fardeau à jouer à quelqu'un d'autre, à copier quelqu'un d'autre. Nous avons très délibérément copié Jean, à 100%, dans la scène de son audition [pour le film d'] Otto Preminger et le moment de la scène finale de À Bout De Souffle. Ensuite, d'une certaine manière, nous pourrions mettre cela de côté et se dire, 'Ok, maintenant, nous pouvons le trouver de l'intérieur et trouver le personnage vivant, brut et vulnérable et se lancer'. C'est ce sur quoi Kristen et moi nous sommes focalisés. Dans quelle situation se trouve cette personne ? En quoi croit-elle ? Pourquoi se bat-elle ? Comment essaie t-elle de garder la tête hors de l'eau ? Elle délivre une performance très élégante, très courageuse, très intelligente, très brute qui fait écho à Jean. Je pense qu'elles ont tous deux une qualité impulsive brute et qu'elles ont toutes les deux une force de vie énorme. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'étais si intéressé par Kristen pour le rôle. Et une chose très délicate pour elle aussi, c'est qu'elle ne joue pas seulement une actrice, mais aussi une icône de style. J'espérais avoir quelqu'un qui était une icône de style à part entière, donc elles ne font pas semblant là-dessus. Elles l'obtiennent et peuvent le faire à leur façon. Je pense que cela a également aidé. J'adore regarder le film et vous pouvez osciller entre : 'Oui, c'est Jean Seberg et oui c'est Kristen Stewart'.
Source: Screenrant
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