Lors de la press junket américaine de Sur La Route, Kristen et Garrett Hedlund se sont longuement confiés à Collider Frosty.
Traduction faite par le staff de Kstew France. Merci de créditer avec LIEN
Journaliste :
Car vous étiez intensément attachée à ce projet, même bien avant
Twilight,
quel discours à propos de Marylou a fait que vous aviez encore envie
d’en faire partie, après tout ce temps ?
Kristen :
J'ai vraiment cherché profondément au fond de moi pour jouer une
personne comme ça. Ça a pris un long moment. Je ne pouvais pas dire
non. J'aurais fait n'importe quoi dans le film. J'aurais suivi le
film dans une caravane si je n'avais pas eu un boulot dedans. J'avais
genre 14 ou 15 ans lorsque j'ai lu le livre pour la première fois et
16 ou 17 ans lorsque j'ai parlé à Walter pour la première fois.
C'était facile de relier les éléments après avoir appris à
connaître la personne derrière le personnage et ce que vous avez
besoin de retirer d'un style de vie comme ça. Ça ne s'est produit
que tard dans le processus des répétitions. Au début, j'étais
juste attirée par l'esprit de ça. Je suis le genre de personne qui
a besoin d'être poussée très fortement pour être capable de
laisser tout se produire. Je pense que Marylou est le genre de
personne que vous ne pouvez pas empêcher d'être elle-même ;
car elle est nullement intimidée et présente constamment, comme ce
puits sans fond d'empathie vraiment généreuse. C'est une qualité
très rare qui vous rend capable de vivre une vie très complète,
très riche sans retirer quelque chose de vous. Vous ne pouvez rien
prendre d'elle. Elle obtenait toujours quelque chose en retour. Elle
est incroyable.
Garrett :
Être en présence de quelqu’un qui n’a aucun jugement, vous
donne la liberté de vous délester des inhibitions et des peurs, et
d’être plus honnête avec vous-même et avec quelqu’un qui est
plus proche de celui que vous n’avez jamais été.

Autant
que vous vouliez le faire, dans quelle mesure était-ce difficile
pour vous de rester lié [au projet], alors que le temps filait ?
De quelle manière cette vie saisonnière, pendant ce temps-là, vous
a-t-elle aidé y voir plus clair ?
Eh
bien, ce n’était pas difficile de rester attaché, après tout. Ce
fut, pour moi, une chose que je voulais faire impatiemment. Quand
Walter [Salles] m’a auditionné, j’étais incroyablement fier
d’en faire partie. J’étais un grand fan du livre et, huit ans
après avoir lu le livre, aujourd’hui être sur le tournage était
dingue. Mais, à partir du moment où j’ai été engagé, j’ai eu
cette foi ça se ferait, et cette peur qui en résultait. Tout le
monde a grandi un peu trop rapidement. C’était l’une de mes
craintes car, en tant que personnage dans le livre, Dean a 21 ans, et
Sal 24. On a commencé à tourner quand j’avais 25 ans. J’ai eu
26 ans pendant. Maintenant, j’en ai 28. Quand je l’ai lu la
première fois avec Walter, j’avais 22 ans. Aujourd’hui, en
regardant quatre ans en arrière, avec cette expérience de la vie et
l’attente, on acquiert des connaissances à propos du monde et de
la sagesse, la façon dont les choses fonctionnent, les gens, la
façon d’obtenir ce qu’on veut, et connaître l’Amérique un
peu plus. Évidemment, parcourir le pays derrière le volant améliore
la sagesse, tous ces endroits reculés, tomber en panne et ne pas
avoir un sou en poche. Ca m’a aidé à être à l’aise avec ces
scènes.
Concernant
le fait d’être à l’aise avec l’intensité de certaines scènes
physiques entre vous deux, avez-vous fait ces scènes selon votre
propre gré ou y avait-il des membres de la production et des agents
qui débattaient à propos de ce que vous deviez faire ou non ?
Non.
Non.
La torture pour eux n’était pas d’accepter le fait que vos
fesses soient exposées à la vue de tous, mais avec internet, ça ne
s’en ira jamais. Mais, ce n’était pas vraiment ça. C’était
le fait que pendant deux ou trois ans, je disais non à tout ce qui
m’était proposé, et ils disaient simplement ,‘Très
bien, vous allez faire ce film. J’espère que Monsieur Salles est
content. Où étiez-vous bordel où étiez-vous durant ces trois
dernières années ?’
C’était le seul truc. Les agents et les responsables méprisent
les projets parfois.
Avez-vous
parlé avec vos parents de la nudité dans ce film, avant qu'ils ne
le voient ?
Ma
mère et ma sœur l'ont regardé alors que j'étais à côté.
Ouais,
c'était vraiment une expérience intéressante.
Il
y avait beaucoup de rires. Je ne sais pas si c'était une bonne chose
ou une mauvaise chose. Je ne sais pas c'était des rires de nervosité
ou car le texte en lui-même était vraiment plein d'humour.
Selon
moi, je pense que tout le monde était vraiment heureux qu'il ait
fallu quelques années pour que le film soit fait. Ma mère est
venue à Cannes. Elle a adoré. Elle était vraiment fière. Je n'en
ai pas encore parlé avec mon père, vraiment.
Je
pense que Welcome to the Rileys était probablement un
film plus difficile à regarder pour un parent. J'étais tellement
sensible à propos de tout, après ce film. Ce personnage a vraiment
fait son chemin en moi. J’étais tellement sensible, et pas juste
ouverte sexuellement, mais tout ce qui se passe chez une jeune fille.
Ça m'a juste secoué et je pense que mes parents pouvaient
probablement ressentir ça aussi. Ce n'est pas quelque chose dont on
a parlé.
Je
sais que c’est marrant d’en parler d’un point de vue d’une
personne étrangère . C'est genre, 'Oh,
ça doit être bizarre de s’asseoir et de regarder tes fesses avec
ta mère',
mais c’est tellement bizarre d’être à l’intérieur de ça. Je
ne veux pas dire que c'est comme si je regarde quelqu’un d’autre
parce que ce que j’aime à propos de mon boulot , c'est qu'on peut
lire des trucs et trouver des aspects de la vie auxquels on se sent
lier mais dont on ne pensait pas qu'on avait en nous et qui peuvent
vous choquer vous-même . Le processus de fabrication du film est de
trouver pourquoi on a réagi de cette manière. Alors, je ne pense
pas que qu'on joue une personne différente mais parce qu'il ne
s'agit pas son standard typique, c'est plus comme si on allait
prendre soin d’une autre personne. On a tellement de responsabilité
de cette personne. C’est facile d’être mature envers ça. C’est
facile de le mettre en contexte et de s’en sentir protecteur.
Je
pense que la seule chose plus difficile pour un parent est d'avoir à
s'asseoir et regarder faire une scène où on est en train de mourir.
Je meurs dans trois films, et ma mère m'a supplié, 'Dis-moi
simplement que tu ne meurs pas à la fin'.
Pour qu'elle regarde I Am Sam,
je lui ai dit que c'était une comédie. Elle est revenue avec sa
meilleure amie et ses poches remplies de Kleenex et m'a dit, 'Espèce
de fils de pute !'
Quel
âge pensez-vous qu'un jeune fan de Twilight
doit avoir, avant de voir Sur La
Route ?
Je
pense que la notation limite un peu les choses.
Je
pense que la loi actuelle dit que, si on est avec un parent, on peut
rentrer et voir un film R-Rated, si vous avez plus de 13 ans. Je
suppose que ça dépend de qui si sont vos parents et qui on est.
J'ai lu Sur La Route
quand j'avais 14 ans, donc je ne sais pas. Mes parents n'ont jamais
voulu me mettre à l'abri du monde dans lequel on vit, donc je suis
probablement pas la bonne personne à interroger. Je pense que si on
a le désir de le voir et que tes parents ne veulent pas que tu le
vois, alors prends-le taureau par les cornes.
Les
conversations avec les gens qui sont des passionnés de ce livre
sont-elles radicalement différentes de celles avec des passionnés
de la saga Twilight ?
Je
n'ai pas eu beaucoup de conversations avec des fans de Twilight.
C'est vraiment rare. Parfois, les filles qui gèrent les sites fan
viennent et font une interview, et j'adore vraiment faire ça. Mais,
je trouve que beaucoup de gens à qui je parle, et la plupart des
journalistes avec lesquels je m'assois, sont des grands fans de Sur
La Route. J'ai le sentiment qu'ils
sont encore affectés par ces histoires car ils y trouvent un
intérêt. J'ai parlé avec beaucoup de fans passionnés de Sur
La Route. La différence, c'est
qu'il y a beaucoup de choses à ressentir dans Twilight,
et c'est généralement mon expérience, en ayant des échanges
individuels avec ces fans. On le ressent simplement. Mais avec Sur
La Route, il y a beaucoup à
dire.
Avec
quels idéaux de la Beatnik pourriez-vous vous identifier
personnellement ?
A
cette période, il y avait un tel sentiment et un désir de liberté.
Ces gars-là ont essayé d'exploré tous les aspects de la vie, quand
peu d'autres le faisaient. Donc beaucoup ont mis en place ces limites
concrètes, et ils ont eu ce désir d'aventure. Surtout pour moi,
grandir dans une si petite ville au milieu de nulle part, le désir
de prendre le large était incroyable. Je voulais voir de nouvelles
terres, rencontrer de nouvelles personnes de la ville, et rencontrer
des personnes qui étaient dans des situations beaucoup moins
chanceuses que moi, pour que je puisse apprécier beaucoup plus mon
cadeau. Au moins, j'ai eu de la nourriture sur la table. C'était
simplement le désir de vivre et d'être moi-même, et de voyager et
de partir. Ces gars-là étaient capables de le faire grâce
l'expansion de l'amour libéré et les drogues. Ils se sont
développés non seulement psychologiquement et spirituellement, mais
aussi géographiquement.
Le
texte de Kerouac est une lettre d'amour pour Dean Moriarty. Était-ce
que vous avez saisi lorsque vous avez lu le livre pour la première
fois ?
Eh
bien, ce livre est très semblable à un grand nombre de lettres
qu'ils échangeaient entre eux, de la part de Neal [Cassady] à Jack
[Kerouac], et de la part de Neal [Cassady] à [Allen] Ginsberg.
L'amour fraternel était là. L'amour entre Ginsberg et Neal était
là. Il y avait de l'honnêteté à travers l'expression d'absolument
tout ce qui se passait autour d'eux, mentalement et physiquement,
d'où ils venaient jusqu'à là où ils allaient. Ils ont eu un tel
empressement à tout exprimer, des parties les plus profondes de
leurs âmes, les uns envers les autres. C'est ce que je pense qui
fait que tout le monde était attiré. C'était un sentiment d'être
plus honnête qu'on a jamais été et le plus libre. On doit jeter
les inhibitions et les peurs, approcher la vie de cette manière.
C'est pour ça que j'ai été vraiment attiré par ça. Faire face à
une telle époque formidable – la fin des années 40 et des années
50 – était la chose que j'ai idéalisé le plus. Peter O' Toole a
dit une fous que son idée du paradis était de se promener d'une
salle enfumée à l'autre, et c'est ce que cette période a toujours
semblé être. Il y avait toutes ces photos noires et blanches de
personnes en sueur remuant leur derrière, dans ces tenues
incroyables. Tous les hommes portaient des costumes et des chapeaux,
et toutes les femmes portaient ces robes fantastiques, et ils
dansaient sans se soucier du monde, semble t-il. On pense que si on
voit une photo en noir et blanc, ça ne saurait existé aujourd'hui
car tout est en couleurs, mais ont-ils vu de cette façon ?
Lorsqu'on
peut carrément tout rechercher sur Google, on ne ressent pas le
besoin d'aller le voir en personne. On peut faire beaucoup de voyages
dans sa chambre, mais on ne touche rien. On ne le ressent pas.
Vous
avez eu l'occasion de voyager dans beaucoup de régions reculées et
intéressantes pour ce film. Quel était votre lieu préféré ?
Je
ne sais pas. Ils étaient tous assez unique. Le Mexique a été
incroyable. Car on était dans un tel mouvement, dès le départ, à
la fin de l'été et à l'automne, Montréal était vraiment
magnifique avec tous ces pavés et tout. Et ensuite, on a réussi à
attraper la neige, dans l'hiver du Chili, et ensuite on a plongé en
Argentine puis on s'est dirigé vers la Patagonie jusqu'au No Man's
Land. On a conduit la Hudson à travers les tempêtes de neige, dans
les montagnes du Chili, pour trois jours pendant qu'on était dans ce
gîte [bed and breakfast] sur un lac qui était toujours recouvert de
brouillard.
C'est
dingue d'entendre que c'était juste deux ou trois jours parce que,
dans ma tête, c'était beaucoup long.
Et
ensuite, la Nouvelle Orléans a été tout aussi incroyable. On est
sorti du Bayou, et c'était spécial.
Simplement
être dans la ville, c'était incroyable.
Et
les déserts de l'Arizona et du Mexique étaient tout aussi géniaux.
Ces scènes ont conduit à encore plus d'excitation. Quelques-uns des
paysages désertiques que Sam et moi avons appris à connaître au
Mexique était simplement uniques. Simplement être dans les rues
désertes du Tehuacán, au Mexique, où tous les bâtiments étaient
faits d'argile et de paille, c'était beau de voir ces parties du
monde.
Kristen,
comment avez-vous trouver un moyen de vous identifier à Marylou et
son mode de vie, à ce moment-là ?
Je
pense que LuAnne était en avance sur son temps. En général, les
attentes des gens pour leur vie, d'une façon personnelle ne sont pas
si différentes. C'est une chose vraiment fondamentale de vouloir
faire partie d'un groupe. On est des bêtes qui vivons en communauté.
D'une certaine façon, elle avait aussi des idéaux aussi très
classiques.
Elle
avait cette capacité à vivre plusieurs vies qui ne se mélangeaient
nécessairement pas les unes entre les autres. Elle n'était
finalement pas au-dessus de l'émotion. Elle passait au-dessus de la
jalousie, mais pas au-dessus du sentiment d'être blessée.
Peut-être
que si ce film avait été fait à l'époque plutôt qu’aujourd'hui,
les gens seraient si choqués par le sexe et les drogues et ils
auraient en fait manqué ce que raconte le film. Alors que
maintenant, on le voit de plus en plus donc ce n'est pas dur à
digérer. C'est plus facile à prendre. Bien sûr, les temps ont
changé, mais les gens ne changent pas. C'est pourquoi le livre n'a
jamais été aussi pertinent. Il y aura toujours des gens qui veulent
pousser un peu plus ardemment , et il y a des répercussions. C'est
tout aussi évident dans l'histoire. Même dans ce petit aperçu, à
ce moment-là, savoir ce qui se passe pour tous les personnages par
la suite est intéressant. Elle a connu Neal jusqu’à la fin de sa
vie et ils ont toujours partagé ce qu'ils avaient. Ils n'ont jamais
quitté leur cœurs, même si leurs vies ont changé de manière
monumentale.
Qu'aimez-vous
dans un bon road trip, et qu'est-ce qui potentiellement faire
dérailler un road trip ?
Eh
bien, ce que j'aime à leur sujet, c'est que si on n'a pas un délai
ou une destination, ce qui pourrait faire dérailler, c'est qu'un
passager puisse le faire. Pour ce film, Walter [Salles] et moi avons
pris la Hudson de 1949 de New York pour se rendre à Los Angeles. La
chose la plus géniale à propos de ça, c'est qu'on avait pas
d'heure pour rentrer à la maison. On savait que tout le contenu
qu'on avait des paysages magnifiques de toute l'Amérique allait
seulement nous aider pour le film ou nous aider en tant qu'individu,
pour trouver la force en nous pour vivre ça et être sur ce chemin.
On est tombé neuf fois en panne à travers le pays, dans des
endroits différents, et on a rencontré quelques-uns des mécaniciens
les plus merveilleux à travers les Etats-Unis. C'était l'une des
plus grandes aventures, car aucun de nous ne se souciait de quand on
allait arriver à la maison, et c'est très rare à trouver, même
quand on est tombé en panne au milieu de nulle part au Nouveau
Mexique, sur du bitume abîmé, dans un champ de foin, dans un pré
de vaches. Il a fallu deux heures à un mécanicien pour arriver
jusqu'à nous, et il a dû fermer son magasin, donc on s'est juste
assis sur la route et on a sorti nos sandwiches et monté le son de
la musique.
Maintenant
que la Saga Twilight
est terminée, quel conseil donneriez-vous à d'autres jeunes acteurs
qui pourraient se lancer dans une grande saga cinématographique ?
Vous
feriez mieux de l'aimer, ou ne le faites pas. Pour avoir été sur
projet pendant cinq ans, j'ai eu le même sentiment à la fin que
j'avais eu lorsque j'ai commencé le projet. La seule différence,
c'est que maintenant, j'ai ce poids retiré et je veux le récupérer.
Je n'ai plus à me soucier de Bella, ce qui est très bizarre. Elle
ne me tape plus sur l'épaule.
Source: Collider Via: robstendreams @malenacasey

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