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lundi 16 septembre 2019

Seberg : Interview de Kristen avec Le Point

A l'occasion de la press junket de Seberg lors du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2019, Kristen évoque le film, son personnage, le fait d'être aimée en France ou la différence entre le cinéma et la promotion d'un projet entre la France et les Etats Unis dans une interview avec le journal français Le Point.







Source: @LePoint

mercredi 18 mai 2016

Cannes 2016 : Interview d'Olivier Assayas avec Le Point

A l'occasion de la press junket de Personal Shopper lors du Festival de Cannes 2016, le réalisateur français Olivier Assayas revient sur le tournage, sa collaboration et sa relation avec Kristen et le Festival avec Le Point.
Olivier Assayas : 'Kristen Stewart m'a inspiré Personal Shopper'
Le réalisateur français a permis à l'actrice d'achever sa mue post-Twilight avec ce deuxième film qu'ils ont présenté ensemble au Festival de Cannes.
Si les délires fantomatiques d'Olivier Assayas dans Personal Shopper n'ont pas franchement emballé la Croisette, Kristen Stewart, elle, est passée au travers des mailles de la critique. Il faut dire que la jeune actrice américaine porte seule sur ses épaules le long-métrage présenté en compétition au Festival de Cannes. Elle a su rendre attrayant un scénario un peu trop lisse. Le cinéaste le reconnaît : Kristen Stewart est quelqu'un de 'complètement à part'. Confessions.
Le Point Pop : Vous ne connaissiez pas bien Kristen Stewart quand elle s'est rapprochée de vous pour Sils Maria. Vous n'aviez pas vu les Twilight ...
Olivier Assayas : Je n'avais pas vu tous les Twilight, toujours pas d'ailleurs. Mais ceux que j'ai vus m'ont plu. Je ne suis pas le cœur de cible de ces films-là, mais quand même : ils ont au moins une grande qualité du point de vue de leurs interprètes et une forme de poésie adolescente à laquelle je peux être facilement sensible. Quant à Kristen, j'ai le sentiment depuis le départ de voir en elle plus qu'une comédienne talentueuse, quelqu'un d'assez unique. Elle est, à mon avis, complètement à part et a une liberté, une invention, une capacité à se déployer extraordinaires. Dès que j'ai commencé à travailler avec elle, j'ai senti que j'avais beaucoup de chance d'avoir cette comédienne au service de mon texte. Donc c'est vrai que ça m'a donné envie de prolonger, de développer cette relation.
Le Point Pop : D'où l'idée de Personal Shopper ?
Olivier Assayas : Je pense que le personnage a été en partie inspiré par elle. Au moment d'écrire, je ne le pensais sans doute pas exactement comme ça, mais, enfin, c'est vrai que j'ai écrit ce film au sortir de l'expérience Sils Maria et qu'il y a quelque chose de l'observation de Kristen qui a fait son chemin dans mon écriture. Peut-être en étais-je en partie conscient, mais je n'étais pas sûr que ce soit bien de retravailler tout de suite ensemble, je ne savais pas si elle-même aurait envie d'aller vers un personnage qui, d'une certaine façon, serait un peu le prolongement de son personnage dans Sils Maria. Je lui en ai jamais parlé et j'ai l'impression que ça m'aurait freiné si je m'étais dit : 'J'écris sur mesure pour Kristen'. Mais je pense qu'elle était là d'emblée et que ce film aurait été au fond inimaginable sans elle.
Le Point P : Que cherchez-vous à montrer avec cette histoire de fantômes dans le milieu de la mode ?
Olivier Assayas : Sils Maria parlait du passage du temps, de l'âge, en confrontant trois générations de femmes. Là, ce dont j'avais envie de parler – et je crois que c'est ce qui a intéressé Kristen dans le personnage –, c'était de ce tiraillement que l'on ressent tous entre le matérialisme du monde contemporain, subi au centuple quand on est une star comme Kristen, et la dimension intime propre à chaque individu, hanté par ses rêves, ses fantasmes, ses inquiétudes et, globalement, par une forme d'invisible.
Le Point P : Kristen Stewart nous a confié avoir été très déstabilisée par votre façon de travailler au départ ...
Olivier Assayas : Souvent les acteurs américains ont l'habitude qu'on les prenne par la main. Ils sont un peu infantilisés, on leur dit : 'Fais comme ci, comme ça ; je vais jouer à ta place pour te montrer comment il faut faire'. Moi, je ne dirige pas les comédiens, je suis à leur écoute. J'ai besoin d'être le premier spectateur. J'ai toujours peur que si on utilise trop de mots, on simplifie les choses, on réduise le champ des possibilités et même l'éventualité d'être surpris. J'ai l'impression que ce qu'il y a de mieux dans le cinéma, c'est quand les acteurs me surprennent. J'ai tendance à créer les conditions de la concentration des comédiens, je leur donne l'espace où ils peuvent aller jusqu'au bout de la façon dont ils perçoivent la scène et j'essaye de canaliser ces énergies au service du récit que j'ai écrit. J'ai besoin que ça se passe en effet de façon, sinon muette, du moins sans avoir besoin de formuler les choses de façon très explicite. J'ai l'impression que l'explicite tue l'art.
Sur le tournage, ça peut être quelquefois frustrant pour les acteurs, mais au final je pense qu'ils sont contents parce qu'ils se rendent compte que j'arrive à canaliser les choses d'une façon à laquelle ils peuvent être plus sensibles à la fin. C'est vrai qu'au départ, quand on a commencé sur Sils Maria, Kristen attendait sans doute autre chose. Mais quand tout à coup elle a compris à travers ce film que ce que je lui donnais, c'est un espace de liberté qu'elle n'avait jamais eu, jamais connu dans ses autres films, elle s'est intéressée à cette méthode de travail. Et du coup, quand on a fait Personal Shopper, les choses allaient de soi, on avait construit une manière de collaborer, de communiquer, qui nous permet d'être très confiants mutuellement.
Le Point P : Vous avez été surpris qu'elle soit césarisée pour Sils Maria ?
Olivier Assayas : [Rires] Oui, honnêtement, je m'étais dit que jamais il n'y aurait de César pour une actrice américaine, ça me semblait complètement baroque comme hypothèse. J'étais ravi parce que je crois que ça représentait beaucoup pour elle d'être reconnue artistiquement en France, le pays du cinéma d'auteur vers lequel elle tend.
Le Point P : Grâce à vous, elle a définitivement achevé sa mue post-Twilight ...
Olivier Assayas : Dans ce type de relations, il faut que ce soit le bon moment pour l'un et pour l'autre. Et ça a été le cas pour nous. Moi, ça m'a permis de construire une relation intime avec une comédienne américaine, ce qui m'ouvre une porte dans le cinéma, dans ma manière de tourner, de penser même les scénarios. Et effectivement, elle, je lui ai donné la possibilité d'être elle-même au cinéma, en se libérant peut-être un tout petit peu, disons d'une sorte d'ancienne peau qui est celle qui se serait construite à travers son personnage de Twilight.
Le Point P : C'est la deuxième fois que vous venez en compétition à Cannes. Moins intimidé ?
Olivier Assayas : Posez la question à n'importe quel cinéaste, il vous répondra la même chose : non, il y a zéro confiance. C'est le paradoxe de Cannes, à la fois tout le monde a envie d'y aller et tout le monde est terrorisé d'y aller. Plus on a l'habitude de Cannes, plus on a l'expérience, plus on sait à quel point c'est terrible ! Au début, il y a une forme d'inconscience et, après, quand on comprend, on se rend compte de tout et c'est encore plus intimidant.

Source: LePoint

mercredi 11 mai 2016

Cannes 2016 : Interview de Kristen avec Le Point

A l'occasion de la press junket de Café Society lors du Festival de Cannes 2016, Kristen aborde le film, Woody Allen, Personal Shopper, Olivier Assayas et sa célébrité dans une interview avec Le Point.
  

Cannes - Kristen Stewart : 'Des gens ont essayé de me détraquer'

Celle qu'on ne devrait plus présenter comme 'la star de Twilight' donne aujourd'hui le coup d'envoi du Festival de Cannes. Entretien d'une belle franchise.

À l'affiche de Café Society, qui fait l'ouverture du Festival de Cannes, l'actrice se laisse découvrir sous un nouveau jour. Comme dans cette interview au cours de laquelle l'auteur de ces lignes a compris qu'il ne fallait pas se fier aux racontars. Maussade et désagréable, Kristen Stewart ? Quelle drôle d'idée !

Le Point : Vous avez gagné votre carte de membre du club de Woody Allen. Jouer dans l'un de ses films faisait-il partie de votre check-list d'actrice ?
Kristen Stewart : Honnêtement, c'est difficile de s'imaginer dans un environnement comme le sien. Le monde qu'il crée est si particulier qu'on se demande si on sera capable de s'y intégrer. De prime abord, ce n'était donc pas une chose à laquelle je pensais vraiment. D'ailleurs, j'ai auditionné pour le rôle de Vonnie en pensant que je ne l'aurais jamais.

Le Point : Pourquoi ?
Kristen Stewart : Eh bien, parce que Vonnie est un personnage vraiment léger et plein d'entrain. Woody m'a dit que ça ne pourrait fonctionner que si j'étais capable de déployer ce genre d'énergie joyeuse. J'ai dû beaucoup travailler pour y parvenir, parce que ce n'était pas spontané.
Le Point : Qu'est-ce qui vous a attirée dans ce rôle ?
Kristen Stewart : J'aime que ce soit une héroïne totalement à l'aise avec l'idée de prendre une voie non conventionnelle. Je trouve réjouissant qu'elle n'éprouve aucune culpabilité. Elle choisit l'un [de ses deux prétendants], elle pourrait choisir l'autre. C'est naturel d'hésiter, il y a tellement de routes différentes qu'on peut prendre dans la vie. D'ailleurs, je ne pense pas qu'elle fasse d'erreur dans son choix. C'est juste que toute vie vécue pleinement vous fera éprouver simultanément de la tristesse et du bonheur.
Le Point : Comment choisissez-vous vos films en règle générale ?
Kristen Stewart : Évidemment, j'aime travailler avec de bons réalisateurs. Mais, en même temps, j'aime bien prendre des risques et parier sur des gens aussi. Un rôle peut être parfait sur le papier, un film peut apparemment m'offrir tout ce que je veux, mais si je n'éprouve pas cette putain de motivation viscérale qui me dit qu'il faut que je le fasse, je ne le fais pas.

Le Point : Vous êtes également à Cannes pour présenter Personal Shopper d'Olivier Assayas. C'est la deuxième fois que vous travaillez avec lui. Était-ce différent de la première (Sils Maria, en 2014) ?
Kristen Stewart : Olivier, quand il travaille, est un homme de peu de mots. Je suis habituée à ce que les réalisateurs soient très directifs. Aux États-Unis, la plupart du temps, on t'indique ce que tu dois faire et ressentir. Olivier, lui, s'épanouit dans le non-dit, l'invisible. Donc, la deuxième fois, je crois que j'étais un peu plus habituée à son style et j'avais un désir encore plus fort de satisfaire sa vision du film.
Le Point : Trouvez-vous le cinéma français très différent du cinéma américain ?
Kristen Stewart : Je pense que la raison même pour laquelle on fait du cinéma en France indique sa nature. Il est vraiment artistique. De ce que j'ai pu en voir, les gens ici prennent des risques énormes. Ils font les choses par compulsion plutôt que pour des résultats. En France, on vous permet de mener des projets vraiment personnels, même s'ils ne seront sans doute pas des succès commerciaux. Non pas que le cinéma américain ne le permette pas, quand il est bon, c'est exactement ce qu'il fait. C'est juste que je trouve que la crainte de l'échec oriente beaucoup notre industrie dans sa structure même.
Le Point : Il paraît que Juliette Binoche a été extrêmement surprise de votre victoire aux Césars pour Sils Maria. Et vous ?
Kristen Stewart : Oui, elle était complètement sous le choc. Elle m'avait dit que c'était déjà incroyable qu'ils m'aient nommée et qu'ils ne m'attribueraient jamais le prix. On a toutes les deux été très surprises quand ils ont annoncé mon nom. C'est assez surréaliste pour moi. Je n'en mesurais pas l'importance avant de venir ici. Si vous prenez la liste des acteurs américains qui ont été invités aux Césars pour jouer, en quelque sorte, les étudiants internationaux, ce sont toutes des personnes que j'admire. Donc, même si c'est la dernière fois et que je ne reviens jamais, avoir planté ne serait-ce qu'un petit pin sur cette carte, c'est sacrément cool.
Le Point : Ça y est, le chapitre Twilight de votre carrière est définitivement refermé ...
Kristen Stewart : Vous savez, je n'ai pas travaillé sur un Twilight depuis ... [longue pause de réflexion] ... des années ! Donc oui, je pense que c'est définitivement derrière moi [rires]. Tous les films que j'ai faits ont la même importance pour moi, qu'ils soient ou non populaires. Twlight ne sort donc pas autant du lot que ce que les gens pensent.
Le Point : Vous avez l'image d'une actrice difficile à interviewer. Pourtant, tout semble bien se passer ! D'où cette réputation vient-elle ?
Kristen Stewart : Je suis devenue excessivement, ridiculement et stupidement célèbre à l'âge de 18 ans. C'est arrivé du jour au lendemain et ça a engendré une industrie entière de potins capitalisant sur l'intérêt que me portaient des gamins. Des gens ont essayé de me détraquer juste pour avoir une bonne histoire à raconter. Je n'étais qu'une enfant, je n'avais pas encore appris à évaluer les intentions de ceux qui m'interviewaient. J'étais donc constamment sur la défensive et je comprends qu'on ait pu me trouver difficile ou antipathique. Quand j'étais plus jeune, j'étais vraiment à fleur de peau, je laissais les gens m'affecter. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus consciente de la nature de la personne en face de moi ou au téléphone. Je sens quand ils se déshumanisent pour les besoins de leur boulot, et ça ne me touche plus. En fait, j'adore discuter avec les inconnus et, bien souvent, ces inconnus sont des journalistes !
Le Point : Quelle autre idée reçue circule le plus souvent à votre encontre ?
Kristen Stewart : Eh bien, souvent, les gens pensent ou disent que je ne souris jamais. Je souris beaucoup [rires] ! Mais j'imagine que si vous me comparez à des personnes surexcitées qui font étinceler leur dentition à tout bout de champ et mettent de la vaseline sur leurs lèvres pour être sûres qu'elles ne sèchent jamais... si j'étais comme ça, je serais un robot !
Le Point : Vous allez bientôt passer derrière la caméra...
Kristen Stewart : Oui, je vais réaliser un petit quelque chose cet été. J'ai hâte ! Je ne vais pas travailler sur un autre film avant d'avoir terminé.
Le Point : Les acteurs qui s'essayent à la réalisation sont souvent jugés sévèrement. Ça ne vous effraie pas ?
Kristen Stewart : À vrai dire, c'est ce qui m'a retenue jusqu'à présent. Je me disais que c'était assez injuste de ne pas pouvoir travailler librement, tester des choses sans que le monde entier regarde. Mais, au bout du compte, je me dis que je vais le faire pour moi-même, et tant pis pour ce que les gens en pensent. Je ne vais pas commencer avec un long-métrage. En gros, je fais un petit film d'étudiante. Mais je sais qu'il sera sacrément cool (rires) !
Le Point : Qu'est-ce qui vous donne envie à ce point de jouer les réalisatrices ?
Kristen Stewart : Ma mère est scénariste, mon père producteur. J'ai grandi sur les plateaux de tournage, j'adore leur côté colonie de vacances. Je suis totalement amoureuse du processus de création d'un film et je veux trouver une œuvre pour laquelle je serais prête à donner ma vie.

Le Point : C'est la troisième fois que vous foulerez le tapis rouge cannois. L'exercice vous plaît-il ?
Kristen Stewart : Habituellement, les tapis rouges me rendent un peu nerveuse, il faut parler à tout le monde, faire la promo du film pendant vingt minutes... Mais, à Cannes, c'est différent ! Pas besoin de parler, on arrive aux côtés de son équipe et de son réalisateur, c'est un vrai luxe. Ça ne me rend pas du tout nerveuse, c'est juste sacrément fun !

Source: LePoint

vendredi 6 mai 2016

Personal Shopper : Interview de Kristen & Olivier Assayas avec Le Point

A quelques jours de l'ouverture du Festival de Cannes 2016, où elle sera incontestablement la vedette, Kristen se confie sur Café Society et Personal Shopper dans une interview avec Le Point. Olivier Assayas s'exprime également sur l'actrice.
Cannes : Kristen Stewart, double jeu
La star de Twiligt brillera à Cannes avec Café Society de Woody Allen et Personal Shopper d'Olivier Assayas
'Je suis devenue excessivement, ridiculeusement et stupidement célèbre à l'âge de 18 ans. C'est arrivé du jour au lendemain et ça a engendré une industrie entière de potins capitalisant sur l'intérêt que me portaient des gamins. Des gens ont essayé de me détraquer juste pour avoir une bonne histoire à raconter. Je n'étais qu'une enfant, je n'avais pas encore appris à évaluer les intentions de ceux qui m'interviewaient. J'étais donc constamment sur la défensive et je comprends qu'on ait pu me trouver difficile ou antipathique'. S'il y a une chose dont Kristen Stewart ne manque pas, c'est de lucidité. Quatre ans seulement se sont écoulés depuis la fin de Twilight, la saga qui a transformé les vampires en princes charmants et la comédienne en idole des adolescents, mais elle en a déjà tiré toutes les leçons. Elle sait que, de l'époque où son visage ornait la une de tous les tabloïds, l'opinion a gardé l'image d'une actrice maussade, incapable de gérer sa popularité. Elle sait aussi que la presse continuera de la présenter comme la star de Twilight, quand elle fera l'ouverture du Festival de Cannes le 11 mai avec le dernier film de Woody Allen, Café Society, ce alors que c'est la troisième fois qu'elle fait ses preuves sur les marches du Palais après Sur La Route de Walter Salles en 2012 et Sils Maria d'Olivier Assayas en 2014. Elle le sait et elle s'en moque : le temps fera son œuvre.
Il suffit d'ailleurs de voir le délicieux Café Society pour s'en convaincre. Jupe mignonnette, rose aux joues, serre-tête à nœud sur coupe au carré, Kristen Stewart pétille comme elle n'avait jamais osé le faire dans la peau de Vonnie, jeune secrétaire courtisée par deux hommes dans le Hollywood des années 30. Il faut dire que c'était la condition sine qua non de son embauche : 'C'est même pour ça que je ne pensais pas avoir le rôle !', nous raconte t-elle. 'Vonnie est un personnage vraiment léger et plein d'entrain. Woody m'a dit ça ne pourrait fonctionner que si j'étais capable de déployer ce genre d'énergie joyeuse. J'ai dû beaucoup travailler'. Le résultat est d'autant plus fascinant qu'il n'est jamais acquis. Loin du charme et de la pétulance innés d'une Emma Stone, la précédente muse du réalisateur, Kristen Stewart semble toujours sur le point de vaciller. Belle sans l'être vraiment, pleine d'une gaieté derrière laquelle on sent confusément pointer la mélancolie, fade et pourtant follement magnétique.
On comprend mieux Olivier Assayas quand il affirme avoir vu en elle 'plus qu'une comédienne talentueuse, quelqu'un d'assez unique'. Leur collaboration sur Sils Maria aura valu à Kristen Stewart le premier Césae de la Meilleure Actrice Dans Un Second Rôle jamais attribué à une Américaine. Il lui aura surtout valu de gagner, selon Assayas, 'un espace de liberté qu'elle n'avait jamais connu dans ses autres films'. 'Je suis habituée à ce que les réalisateurs soient très directifs. Aux Etats Unis, la plupart du temps, on t'indique ce que tu dois faire et ressentir', confirme l’intéressée. 'Olivier, lui, est un homme de peu de mots. De façon générale, le cinéma français est plus intuitif'. Inspirés l'un par l'autre, ils se retrouvent dans Personal Shopper, présenté à Cannes cette année. 'Il y a quelque chose de l'observation de Kristen qui a fait chemin dans mon écriture', nous confie le cinéaste français, qui a concocté pour elle ce thriller fantastique mettant en scène une Américaine chargée de la garde-robe d'une célébrité à Paris et endeuillée par la mort d'un frère avec lequel elle attend de pouvoir … communiquer ! 'J'avais envie de parler de ce tiraillement qu'on ressent tous entre le matérialisme du monde contemporain, subi au centuple quand on est une star comme Kristen, et la dimension intime propre à chaque individu, hanté par ses rêves, ses fantasmes, ses inquiétudes et, globalement, par une forme d'invisible', explique t-il.
Ambiguïté. Twilight signifie 'crépuscule', ce moment de la journée entre le jour et la nuit et qui va décidément bien à Kristen Stewart, jamais aussi elle-même que dans le clair-obscur. De son personnage Café Society, celle qui affole les hommes – mais qui serait, signalent ceux qui ça intéresse, actuellement en couple avec une femme (l'actrice et chanteuse Soko) – dit sans ambages : 'J'aime que ce soit une héroïne totalement à l'aise avec l'idée de prendre une voie non conventionnelle. Je trouve réjouissant qu'elle n'éprouve aucune culpabilité. Elle choisit l'un [de ses deux prétendants], elle pourrait choisir l'autre. C'est naturel d'hésiter, il y a tellement de routes différentes qu'on peut prendre dans la vie'. En d'autres termes, décochés plus crûment à un journaliste américain qui l'interrogeait l'an dernier sur sa sexualité : 'Je suis une actrice, mec. Je vais dans la putain d’ambiguïté de la vie !'
Aujourd'hui, l'actrice s'apprête à ajouter une autre ambiguïté à son arc en passant derrière la caméra. 'L'envie de réaliser', assure t-elle, 'La démange depuis des années'. Il est vrai qu'avec son passé d'enfant californien élevé par une maman scénariste et un papa producteur de télé, tombé dans la grande marmite du cinéma à l'âge de 12 (dans Panic Room au côté de Jodie Foster), il y avait des chances qu'elle s'y essaie tôt au tard. 'J'ai grandi sur les plateaux de tournage, j'adore leur côté colonie de vacances. Je suis fascinée par le processus de création d'un film et je veux trouver une œuvre pour laquelle je serais prête à donner ma vie'. Pour l'heure, il s'agira simplement 'd'un petit film d'étudiante', mais il sera 'sacrément cool', prévient t-elle. On n'en apprendra plus davantage sinon qu'elle ne le tournera cet été et n'acceptera aucun rôle tant qu'il ne sera pas fini. Raison de plus pour bien savourer sa double exposition sur le tapis rouge cannois. Après le crépuscule, l'or de la palme ?
Source: LePoint 
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