A l'occasion du Festival du Film de Sundance 2018, Chloë Sevigny mentionne Kristen et parle de Lizzie, de leur collaboration, de leurs personnages et du mouvement féminin Time's Up dans une interview avec Playboy.
Journaliste :
Vous avez parlé de Lizzie Borden comme une icône gothique et
j'adore ça. Le cinéma gothique et ses personnages semblent être de
retour. Pourquoi pensez-vous que c'est le cas ?
Chloë Sevigny:
Dans la tourmente politique, de manière similaire aux années 1960,
les films d'horreur connaissent une résurgence. Chaque fois qu'il y
a un bouleversement politique, les gens reviennent à cela.
L'explosion d'American Horror Story
est un exemple. Je pense que les gens sont simplement en train de
découvrir ça.
Journaliste :
Certains pourraient qualifier Lizzie Borden d'anti-héros et il y a
une tendance grandissante à mettre en vedette ces archétypes
féminins dans le cinéma, [le film] Moi, Tonya étant un
exemple.
Chloë Sevigny :
Je veux dire, Lizzie est une
hors-la-loi. Une partie de la raison pour laquelle elle s'en est
tirée était parce que ces 12 hommes ne pouvaient pas imaginer une
femme faire ces actes et je trouve que c'est choquant de voir une
femme faire ce genre de violence à l'écran, dans le vif, comme vous
allez le voir [dans le film].
Journaliste :
Est-ce que Lizzie Borden est un personnage que vous avez voulu jouer
pendant des années ?
Chloë Sevigny :
Oui – en fait, l'une des mes amies est venue chez moi une année,
pour Halloween, habillée en Lizzie. Elle avait simplement une photo
d'une hache de sécurité épinglée dans son dos et elle a vraiment
les cheveux roux, comme Lizzie, et cette tenue de type victorien.
Nous avons commencé à parler de Lizzie et à faire des recherches
sur internet. J'ai réalisé que la maison du meurtre était devenue
un 'bed and breakfast'. Mon petit ami à l'époque et moi sommes
restés dans la maison et dans le cadre de l'expérience, vous
visitez la maison. Alors qu'ils racontaient l'histoire de cette femme
dans cette maison et ces meurtres, je savais simplement que je devais
l'interpréter. Je ressentais tellement d'empathie pour elle et ses
péripéties.
Journaliste :
Quelle était l'histoire inédite que vous vouliez explorer ici ?
La scénariste, Bryce Kass, a dit qu'il y avait beaucoup de trous
noirs, en particulier liés au meurtre réel.
Chloë Sevigny :
Les meurtres ne sont toujours pas résolus et il y a tellement de
théories, mais je ne pense qu'il y en ait une qui n'ait pas été
explorée parce qu'il y a tellement de livres. Bridget était à
proximité de l'endroit où les meurtres ont eu lieu et d'un témoin
important dans le procès. Nous voulions qu'elle soit impliquée et
tout le monde aime une bonne histoire d'amour. Nous voulions donner à
Lizzie cette fuite. Nous avons toujours pensé à elle comme torturée
et n'ayant aucun amour et étant dans cette vieille maison. Ensuite,
il y a eu des récits d'elle voyageant à travers l'Europe et ayant
des relations étroites avec des femmes. Elle a développé une
relation avec l'actrice Nance O'Neill et sa sœur l'a abandonnée
après ses procès, soit-disant parce qu'elle désapprouvait son
style de vie. Donc, il y avait beaucoup de choses qui indiquaient
cela. En outre, il s'agissait plus de briser le patriarcat.
Journaliste :
Diriez-vous que les meurtres étaient justifiés ?
Chloë Sevigny :
Je suis toujours un peu inquiète à ce sujet, s'il va y avoir une
réaction féministe.
Journaliste :
Mais quel était votre choix en interprétant Lizzie ? Était-ce
justifié pour elle ?
Chloë Sevigny :
Je pense qu'elle a vu que c'était sa seule issue. Elle connaissait
l'abus qui se produisait avec Bridget et elle voulait sauver Bridget
et elle-même. Elle avait cette idée de les voir s'enfuir ensemble
au coucher du soleil.
Journaliste :
Vous avez passé huit ans à lancer le film. C'est génial que les
producteurs commencent à signer des récits féministes, mais à ce
moment-là, est-ce que quelqu'un vous écoute ?
Chloë Sevigny :
Faire un film est si difficile et l'une des choses les plus
difficiles est de pousser le contrôle à d'autres producteurs. La
réalisation de film est collaborative. Il y a beaucoup de choses
dans le scénario original qui ne sont pas dans la version finale et
il est difficile de laisser tomber ces choses. Nous sommes chanceux
d'avoir eu Kristen ; sans elle, nous n'aurions probablement pas
pu faire le film. Alors, que Dieu la bénisse pour ça. Maintenant,
je pense que les gens sont plus intéressés par le fait de raconter
ce genre d'histoires et d'avoir des rôles phares féminins. Et je
suis heureuse que le film sorte à ce moment-là, c'est vraiment
opportun et j'espère que le monde le verra.
Journaliste :
Qu'est-ce qui n'est pas resté dans le film ?
Chloë Sevigny :
Certaines répliques, scènes, émotions. Il y a un tout autre
scénario, un tout autre aspect de la relation de Kristen et de mon
personnage où [Bridget] s'interroge sur ce qu'elles font, si c'est
immoral ou non. C'était beau et cela a ajouté de la profondeur à
leur relation. C'était difficile à abandonner.
Journaliste :
Dans le film, Lizzie et Bridget existent dans cette bulle de douceur
au milieu de l'horreur qui les entoure. Pourquoi avez-vous choisi
Kristen pour le rôle ?
Chloë Sevigny :
Je suis toujours attirée par elle, à chaque fois que la vois sur un
écran. Simplement captivée par elle. J'ai aimé notre différence
de taille et nos différences de couleur, la façon dont nous
apparaissons ensemble à l'écran. Aussi, son personnage, qui elle
est en tant que personne. Même en castant mes propres courts
métrages et en regardant beaucoup d'actrices, je regarde toujours
qui elles sont dans leurs tripes, en voulant choisir quelqu'un en qui
je crois vraiment. Et je crois aux choix que [Kristen] fait. Je pense
qu'elle est une vraie artiste envers et contre tous. Je voulais
quelqu'un qui allait se battre pour moi, qui allait me pousser et
elle l'a fait. Elle a dit, 'Tu es la raison pour laquelle je suis
ici, en train de faire ce film, Chloë'.
Nous
sommes des âmes sœurs. Elle est définitivement une marginale et
j'ai l'impression que maintenant que je veillis – eh bien, je ne
sais pas si je peux encore le revendiquer. Je pense que nous sommes
plus que des simples actrices … J'espère que c'est le cas, tu vois
ce que je veux dire ? Il y avait une réelle – je ne veux pas
parler pour elle – mais il y avait un réel désir entre nous, une
admiration. Donc, il y avait de l'intimité, une étincelle et de la
chimie.
Journaliste :
Quel sentiment cela procure de montrer cela devant le public, lorsque
le mouvement #MeTo est un sujet d'actualité, d'autant plus que ce
film traite de misogynie et d'abus ?
Chloë Sevigny :
Je veux dire, regardez le personnage de Bridget. Elle ne pouvait pas
parler et il n'y avait personne pour l'aider. Tout ce qui peut
permettre aux femmes de trouver leur voix, de demander de l'aide ou
de se sentir enhardi, je veux en faire partie. Avec Time's Up – je
ne suis pas nécessairement engagée avec eux – mais je crois en ce
qu'ils font et si elles aident les femmes avec le financement, les
procès et le fait de trouver leurs voix ? Je suis complètement
pour ça.
Source: Playboy
Via: TeamKristenSite
Via: TeamKristenSite
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